/news/politics
Navigation
Garderie à 7 $

Les places en garderie à 7 $ coûtent moins de 3 $ après les déductions

GEN-MANIFESTATION-GARDERIE
SIMON DESSUREAULT/24 HEURES/AGENCE QMI Des milliers de personnes s’étaient rassemblées à Montréal, dimanche, pour manifester contre la modulation des frais de garderie.

Coup d'oeil sur cet article

Alors que le gouvernement Couillard est à l’heure des choix et remet en question le tarif des garderies à 7,30 $, des données ministérielles illustrent qu’un réseau à deux vitesses existe déjà.

N’en déplaise aux défenseurs de l’universalité — un concept inexistant à l’heure actuelle selon la ministre de la Famille, Francine Charbonneau —, les tarifs de garderie ont toujours été modulés en fonction du revenu des parents.

Mis en ligne lundi sur le site web du ministère, le tableau ci-dessus, inséré dans le Portrait des garderies non subventionnées (GNS), le démontre avec éloquence.

Pour les parents, à la fin de l’année, le coût réel d’une place à 7 $, en 2013, variait entre 1,62 $/jour (revenu familial de 40 000 $) et 2,87 $/jour (revenu familial de 140 000 $), après avoir appliqué les déductions fiscales du fédéral.

Les garderies à 7 $ coûtent donc moins de 3 $. Le tableau ne tient toutefois pas compte de la hausse de 30 cents le 1er octobre dernier.

Les tarifs augmenteront encore et pourraient se situer dans une fourchette entre 8 $ et 20 $ en fonction du revenu en 2015 (selon Le Devoir), un scénario que Québec n’a pas confirmé.

Plus d’impôts

À l’heure actuelle, plus le revenu des parents est élevé, plus le coût net est élevé, tant dans le réseau public que privé. La différence, dans les centres de la petite enfance (CPE), c’est que l’écart est marginal alors qu’il est exponentiel dans le privé.

Rappelons que les couples avec un revenu élevé paient beaucoup plus d’impôts que les moins nantis, ce qui constitue en soi une autre forme de modulation et peut expliquer les écarts étonnants entre certaines catégories de revenu.

Être payé au lieu de payer

Pour les familles qui gagnent 40 000 $ et moins, il est même plus avantageux d’envoyer son enfant dans une garderie privée à 35 $/jour que dans un CPE.

Au bout du compte, après le remboursement d’impôts du provincial et les déductions d’Ottawa, certains parents reçoivent de l’argent pour envoyer leur enfant à la garderie (jusqu’à 3,28 $/jour) au lieu de payer leur place, selon divers scénarios.

L’enquête réalisée par le ministère de la Famille révèle par ailleurs qu’une GNS sur deux n’a pas réussi à couvrir ses frais fixes l’an dernier.

Le coût moyen de 37 $/jour par enfant est insuffisant et devrait être ajusté à 47 $, plaident les GNS, qui n’osent pas le faire, de peur d’avoir encore plus de difficulté à recruter des enfants. À ce jour, on compte près de 50 000 places en GNS, soit 18 % du réseau d’environ 275 000 places. À titre de comparaison, Québec donne une subvention de 53 $/jour par enfant, montant auquel il faut ajouter les 7 $ des parents.

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.