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Harcèlement

Des plaintes sont déposées

Les trois professeurs de l’UQAM sont victimes d’une vendetta, croit une experte juridique

Harcèlement sexuel
Photo Facebook Des autocollants ont été placardés sur les portes des bureaux des professeurs, laissant sous-entendre qu’ils n’ont pas respecté la politique de harcèlement de l’UQAM.

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Au moins un des trois professeurs de l’UQAM visés par des allégations publiques de harcèlement sexuel a déposé une plainte aux instances de l’université.

Au moins un des trois professeurs de l’UQAM visés par des allégations publiques de harcèlement sexuel a déposé une plainte aux instances de l’université.

Depuis une semaine, des images des portes de bureaux des trois professeurs, couvertes d’autocollants les accusant, circulent sur les réseaux sociaux. Leurs noms sont bien visibles sur chacune des photos.

L’affaire a éclaté dans les médias hier.

Une enquête a été ouverte par le Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement de l’UQAM. L’université traite une centaine de plaintes pour harcèlement psychologique et sexuel annuellement, selon sa porte-parole Jenny Desrochers.

Malgré les graves allégations à leur endroit, les professeurs visés étaient présents et ont donné leurs cours, hier.

Dans un entretien à TVA Nouvelles, l’un d’eux affirme que sa vie familiale est bouleversée et qu’il n’a aucun squelette dans son placard.

Diffamation

La frontière entre le mouvement libérateur et le procès populaire a été franchie, croit l’experte juridique Marie-Annik Grégoire.

«Ça a toutes les apparences

d’une vendetta, affirme Mme Grégoire, professeure à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. On ne devrait jamais se faire justice soi-même. Avec internet, c’est plus fréquent, mais de cette façon-là, c’est rare.»

Selon l’avocate, les responsables du mouvement pourraient faire face à des poursuites en dommages et intérêts pouvant s’élever à des centaines de milliers de dollars.

«L’opinion du public pour ces trois professeurs sera affectée, ce qui en fait un cas typique de diffamation qui s’expose à des recours», ajoute Mme Grégoire.

Si les allégations des protestataires devaient s’avérer, une poursuite pourrait quand même aller de l’avant.

«Si les propos ont été sortis dans le but malhonnête de détruire quelqu’un et de se venger publiquement, les professeurs pourraient quand même intenter un recours», conclut l’avocate et professeure.

Malaises

Deux ex-étudiants de l’UQAM ont confié anonymement au Journal des exemples de situations qui aurait impliqué un des trois professeurs visés.

Après qu’une étudiante eut terminé un exposé oral, en 2010, le professeur lui aurait dit que «ce n’est pas parce que tu fais un strip-tease sur une carte que c’est de la géographie», une phrase qui aurait jeté une douche froide sur la classe.

Aussi, en 2010, une autre se serait fait complimenter sur ses yeux en allant lui poser une question. Mal à l’aise, elle raconte avoir quitté le local de classe à la fin du cours en fuyant le professeur qui tentait de la suivre jusqu’à l’ascenseur.

L’étudiante dit ne pas avoir porté plainte à l’université, ignorant la possibilité de le faire à l’époque.

 

 

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