/finance
Navigation
Nomination

Le nouveau délégué général à New York ne fait pas l'unanimité

Le nouveau délégué général à New York ne fait pas l'unanimité
Photo Simon Clark / Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

La nomination du nouveau délégué général du Québec à New York, Jean-Claude Lauzon, ne fait pas l’unanimité, une journée après l’annonce officielle faite par le gouvernement Couillard.

«C’est un homme qui est relativement connu du milieu des affaires. On sait qu’il est un chasseur de têtes, mais on ne le connaît pas comme une personne qui défend des dossiers. C’est une candidature qui laisse songeur un peu», nous a confié une source anonyme qui a croisé à quelques reprises le nouveau délégué.

Selon cette personne, M. Lauzon, 65 ans, est «de commerce agréable», mais il devra apprendre rapidement la réalité des entreprises québécoises.

«C’est pas évident qu’il connaît réellement le tissu industriel québécois. Rien ne l’a véritablement préparé à être là», a poursuivi notre source.

D’ailleurs, rien ne le destinait à devenir ambassadeur québécois dans la Grosse pomme. Il est diplômé de l’Université de Montréal en psychologie industrielle.

En 1988, il obtient le Prix Noël Mailloux, la plus haute distinction pour un psychologue.

Un homme de relations

Pendant les années 1970, il est consultant de la firme Rourke, Bourbonnais et associés, puis pour Ernst and Young et Cap Gemini, une firme qu’on connaît mieux au Québec et qui fait l’installation des compteurs intelligents, le plus important projet des dernières années pour Hydro-Québec.

Il devient chasseur de têtes en 2003, alors qu’il entre au bureau montréalais de Korn Ferry, une firme internationale. Joint par la Chaîne Argent, le directeur du bureau torontois John Rosin se rappelle d’un homme avec beaucoup d’entregent et de relations.

«Quand il est arrivé, il venait du milieu du management et de la gestion. On s’est rapidement rendu compte qu’il avait des capacités impressionnantes pour créer des relations. Il a toujours eu beaucoup de connaissances au sein du gouvernement du Québec et du Canada», a-t-il dit.

Selon M. Rosin, Lauzon a aussi des entrées en Chine. Comme président de l’organisation World Confederation of Productivity Science (WCPS), il a été appelé à rencontrer l’ancien premier ministre chinois Wen Jiabao.

Un profil peu économique

Proche du ministre Jacques Daoust, Lauzon est un «excellent choix» pour New York, a dit Rosin, même s’il convient que le nouveau délégué n’a pas un grand profil économique, ce qui était aussi le talon d’Achille de Dominique Poirier. «Pour ce rôle, il est plus important d’être capable de créer des liens, d’avoir des relations», a dit M. Rosin.

Mais selon une autre source, la nomination ne fait pas l’unanimité, surtout lorsqu’on constate l’importance du rôle. Le Québec et le Nord-Est américain sont des partenaires économiques importants, sans oublier Hydro-Québec qui veut exporter de plus en plus d’énergie vers New York grâce à une super-ligne qui pourrait passer sous la rivière Hudson jusqu’à Manhattan.

Selon le curriculum vitae fourni par Québec, le gouvernement laisse entrevoir un profil économique. Depuis 2010, il est administrateur de sociétés, est-il écrit.

Il s’agit de la deuxième nomination par le gouvernement Couillard à créer des remous, après celle de Michael Penner, un entrepreneur peu connu qui a été nommé à la tête du conseil d'administration d’Hydro-Québec.

Commentaires