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Le scandaleux débranchement

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Au 30 septembre dernier, Hydro-Québec avait débranché 51 015 foyers qui accusaient des retards de paiement. Un triste record, selon l’article de mon collègue Michel Morin.

Au 30 septembre dernier, Hydro-Québec avait débranché 51 015 foyers qui accusaient des retards de paiement. Un triste record, selon l’article de mon collègue Michel Morin.

Pourquoi Hydro-Québec débranche-t-elle ces clients?

J’ai trouvé la réponse, tirée du site Internet d’Hydro-Québec : «Par souci d’équité à l’endroit de ses clients, Hydro-Québec veille à ce que chacun paie sa juste part des services obtenus. En cas de défaut de paiement, le débranchement constitue une solution de dernier recours.»

Que lis-je? «Par souci d’équité à l’endroit de ses clients...»

Ah bon! Si Hydro-Québec avait vraiment le «souci d’équité» envers ses clients, elle couperait immédiatement ses achats inutiles d’énergie éolienne qui lui coûte présentement quelque 650 millions $ par année, avec pour conséquence de faire grimper les tarifs d’électricité.

Pourquoi continuer à acheter à gros prix cette énergie éolienne alors qu’Hydro-Québec est aux prises avec d’énormes surplus d’électricité qu’elle tente de liquider à la moitié du prix qu’elle paie pour acheter de l’énergie éolienne?

Pourquoi? Parce qu’il s’agit tout simplement d’une commande politique. Les trois gouvernements qui se sont succédé, Charest, Marois et Couillard, obligent Hydro à soutenir financièrement cette filière éolienne malgré ses surplus d’électricité. Hydro se trouve ainsi à littéralement subventionner annuellement à hauteur de 130 000$ chacun des 5000 emplois de la filière éolienne du Québec.

Pendant ce temps-là, on ose nous dire que c’est « par souci d’équité » envers ses clients qu’Hydro débranche les familles qui sont dans le pétrin financier.

TOUTE UNE ÉQUITÉ

Alors qu’on débranche des familles financièrement démunies... on verse aux promoteurs des parcs éoliens 650 millions pour acheter de l’énergie éolienne dont Hydro n’a à vrai dire pas besoin en raison de ses énormes surplus d’électricité.

Comme autre argument choc pour justifier le débranchement de clients démunis, on va jusqu’à évoquer «la responsabilité citoyenne qui est de payer l’électricité consommée», ai-je entendu.

On est tous d’accord sur le principe, qui consiste à payer pour le service rendu. Mais quand on pense à l’électricité et aux démunis qui n’ont pas les moyens de payer leurs comptes, on s’entend que les pertes d’Hydro sont théoriques ou presque.

On parle ici d’électricité qui est disponible en quantité excédentaire sur le réseau d’Hydro, et ce peu importe si le client est branché ou débranché. Ça ne coûte pas plus cher à Hydro de fournir de l’électricité à ces clients aux prises avec des problèmes financiers. Et quand Hydro les débranche, elle ne fait pas d’économies.

Le débranchement n’est à vrai dire qu’une ultime punition qui a pour effet d’humilier et de rabaisser des familles et des enfants parmi les plus démunis de la société.

Durant la période hivernale allant du 1er décembre au 31 mars, Hydro-Québec met sur la glace les comptes en retard et rebranche temporairement les pauvres. Quelle bonté de les laisser au chaud!

Dès le 1er avril, le pauvre se fera débrancher à nouveau, en plus de se retrouver avec une dette alourdie de frais d’intérêt à hauteur de 14,4 % par année.

Le «souci d’équité à l’endroit de ses clients» oblige ainsi Hydro à couper le courant à ses mauvais payeurs de pauvres.

 

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