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Procès Magnotta

Le meurtre de Jun Lin copié du film Basic Instinct

Magnotta Basic Instinct
Photos d'Archives La Couronne a relevé de nombreuses similitudes entre le comportement de Luka Rocco Magnotta, un cinéphile avoué, et celui de Catherine Tramell, joué par la star d’Hollywood Sharon Stone dans le film Basic Instinct.

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Luka Rocco Magnotta a recréé une scène du film Basic Instinct quand il a tué Jun Lin, a fait remarquer la Couronne ce jeudi.

Après avoir égorgé l’étudiant chinois le 25 mai 2012, Magnotta avait mutilé le cadavre de sa victime. Et même s’il avait utilisé un tournevis, il avait nommé la vidéo du crime «un lunatique un pic à glace».

Or, dans le célèbre film des années 90, le personnage joué par l’actrice Sharon Stone chevauche un de ses amants qu’elle tue avec un pic à glace de couleur argent. Le tournevis de Magnotta était noir, et il avait été peinturé de couleur argent.

Mais la ressemblance ne s’arrête pas là, a noté la Couronne ce jeudi au procès pour meurtre de l’accusé de 32 ans.

L’ex-fiancé du personnage principal du film s’appelle en effet Manny. C’est le même nom que l’ex-petit ami que Magnotta dit avoir eu, bien que ce dernier n’existe peut-être même pas.

Et le faux nom que Magnotta s’était donné pendant sa cavale, Kirk Trammell, est similaire à celui du personnage de Sharon Stone dans Basic Instinct, Catherine Tramell.

Conscient de sa fuite

Pour la deuxième journée, Me Louis Bouthillier de la Couronne s’est durement attaqué à la version que Magnotta avait donnée à la psychiatre Marie-Frédérique Allard, qui témoignait pour la défense.

Car le comportement irrationnel de Magnotta après avoir tué Jun Lin peut s’expliquer par la maladie, mais il peut aussi laisser croire que l’accusé savait très bien qu’il devait fuir les autorités, a souligné la poursuite.

Dès son arrivée en France, Magnotta avait jeté son cellulaire. Le soir même, il louait une chambre dans deux hôtels différents. L’une d’elles avait été louée pour neuf jours, mais l’accusé était rapidement parti à Berlin.

La Dre Allard a qualifié ce comportement «d’irrationnel», mais la Couronne a suggéré une autre explication.

«À moins qu’il sache qu’il était recherché par la police», a-t-il laissé tomber.

Mais ça ne veut pas dire que Magnotta devrait être tenu responsable criminellement de ses actes, croit la psychiatre.

«Il sait que tuer, c’est mal, a-t-elle soutenu. Mais quand il a commis ses gestes, il ne le savait pas. Il pourrait bien dire que ce n’était pas correct, et ça pourrait expliquer son comportement de fuite.»

Et même si on exclut les omissions de Magnotta, qui s’était dit «confus» sur plusieurs parties de son récit, les dossiers médicaux de l’accusé pourraient permettre d’en arriver à sa même conclusion.

Le procès se poursuit ce vendredi, au palais de justice de Montréal. Le Dr Joel Watts, qui a également évalué Magnotta sur la non-responsabilité criminelle, devrait témoigner.

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