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Lucien Francœur

«J’ai sous-estimé l’impact d’Aut’chose»

Lucien Francœur
Photo courtoisie

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Lucien Francœur a longtemps sous-estimé l’importance d’Aut’chose dans la musique québécoise. Mais aujourd’hui, il croit que s’il y a des Daniel Boucher, des Yann Perreau et des Loco Locass, c’est un peu grâce à son groupe devenu culte qui a fait la pluie et le beau temps dans les années 1970.

Lucien Francœur a longtemps sous-estimé l’importance d’Aut’chose dans la musique québécoise. Mais aujourd’hui, il croit que s’il y a des Daniel Boucher, des Yann Perreau et des Loco Locass, c’est un peu grâce à son groupe devenu culte qui a fait la pluie et le beau temps dans les années 1970.

«Je n’étais pas conscient que ça allait faire des petits Aut’chose, que notre style allait occuper autant d’espace dans la chanson québécoise», lance Francœur, au bout du fil.

Celui qu’on appelait le poète urbain, qui cite aussi les Trois accords, Xavier Caféine, les Frères à ch’val et les Colocs parmi les artistes qu’il a influencés avec son style parlé et ses paroles crues, a donné une voie, estime-t-il, aux chanteurs «pas à voix» comme il les désigne.

«En quelque part, c’est comme si j’ai donné une caution à celui qui n’est pas un grand chanteur ou celle qui n’est pas une grande chanteuse pour y aller avec ses paroles et ses tripes. C’est plus une affaire de feeling la chanson. T’en as qui récitent, t’en as qui fredonnent, t’en as qui murmurent. Moi, j’ai ouvert la porte à ça au Québec parce que j’étais tout seul à faire ça», raconte Lucien Francœur, sans chercher à jouer les fanfarons.

Une première sur CD

Le prétexte de la conversation entre le créateur du Rap à Billy et Le Journal est la parution, ces jours-ci, du coffret Chaud comme un jukebox, L’intégrale, qui contient les quatre albums du groupe ainsi qu’un DVD d’un concert datant de juin 1975.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est la première fois que les trois albums d’Aut’chose parus dans les années 1970 (Prends une chance avec moé, Une nuit comme une autre, Le cauchemar américain) sont offerts en CD ou en version numérique. Pour entendre du Aut’chose, il fallait mettre la main sur les rares vinyles encore en circulation ou des exemplaires piratés.

Malgré tout, à la grande surprise de Lucien Francœur, les jeunes qui assistaient à ses concerts connaissaient les paroles des pièces d’Aut’chose.

«Je faisais Hey You Woman et ils la chantaient sans musique. C’était hallucinant et ça veut dire que les albums circulaient.»

Un album avec ses « anges de l’enfer »

Lancé pour souligner le 40e anniversaire du groupe, le coffret d’Aut’chose aura une suite. Un album de chansons originales d’Aut’chose sera lancé en 2015, annonce Lucien Francœur. Ce dernier sera flanqué de la même équipe d’étoiles du rock lourd québécois qui avait enregistré Chansons d’épouvante, un album fait de nouveaux enregistrements de classiques d’Aut’chose paru en 2006.

On retrouvera donc dans le Aut’chose 2015 Jacques Racine, son pote de la première heure, de même que de Michel Langevin (Voivod), Joe Evil (Grimskunk), Vincent Peake (Groovy Aardvark) et Alex Crow.

«Nous avons commencé le studio il y a trois semaines. Ça sonne comme Le cauchemar américain mais avec des musiciens plus puissants. Nous sommes le Aut’chose qui aurait accoté Offenbach dans le temps. Ce sont mes anges de l’enfer», s’enflamme Lucien Francoeur.

Si tout se déroule comme prévu, l’album paraîtra l’été prochain et Aut’chose prendra la route pour participer à des festivals au Québec, Francœur laissant même entendre qu’une participation aux Francofolies est possible.


Le coffret Chaud comme un jukebox est sorti le 11 novembre. En l’absence des bandes maîtresses, le transfert sur CD et en numérique des vieux albums d’Aut’chose a été réalisé à partir de vinyles non déballés de l’époque.

C’est Pierre Marchand, qui a fondé l’étiquette Amusic après avoir quitté Québecor, qui a piloté le projet.

 

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