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Je vois "l'éducation" à Montréal!

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Hier à Montréal, se déroulait l'événement je vois Montréal . Un événement porté par BMO et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Plus de 180 projets ont été soumis par les citoyens et des groupes de la société civile. Un message enfin d'espoir pour les Montréalais qui sont tannés d'entendre parler de leur ville qu'en termes négatifs. Je me suis particulièrement intéressée dans le cadre de ces projets à ceux qui touchaient l'éducation. Il y a environ une quinzaine de projets qui concernent de près ou de loin l'éducation et la collaboration avec le milieu scolaire.

Il est vrai que rien n'est parfait et bien que le projet "je vois Montréal" était une belle initiative, il faut attendre de voir les suites des discussions et de l'application des propositions. Cependant, nous pouvons garder cet espoir de voir la ville prendre rapidement les initiatives nécessaires. Déjà hier le maire Coderre a annoncé que Diane de Courcy, ancienne ministre péquiste, était embauchée pour travailler à la concrétisation des projets. Il faut donc reconnaître que l'opération du 17 novembre ne se voulait pas qu'un pansement, mais une intervention choc pour le réveil de la métropole.

J'ai retenu quelques projets dont j'aimerais vous faire part. Ce qui est le plus surprenant dans les propositions, c'est que les projets sont issus de plusieurs groupes qui oeuvrent parfois bien loin de l'éducation, mais qui veulent faire une différence.

C'est le cas du bureau d'avocats Borden Ladner Gervais qui a soumis un projet de lecture aux enfants: Le Grand Montréal, la lecture et les enfants. Considérant les données d'alphabétisation, le bureau d'avocats a décidé, en s'associant avec la Fondation du Dr. Julien, d'offrir un temps de lecture aux enfants dans plus de 20 classes dans des quartiers défavorisés.  Une initiative qui demande peu d'argent, sinon un engagement des bénévoles et des partenariats avec les écoles ciblés.

Il y a aussi le projet d' "Adoption de l'école Sainte-Jeanne-D'Arc" soumis par le directeur des études du collège Maisonneuve monsieur Guy Gibeau. Il s'agit en fait d'une collaboration entre le cégep et l'école. D'un côté les collégiens développent certaines habiletés pédagogiques et scolaires en suivant les jeunes écoliers, d'un autre côté, les jeunes écoliers ont un suivi après l'école pour leur permettre de développer leurs habiletés académiques. C'est donc une collaboration gagnante-gagnante. Il faut rappeler que ce type d'échange ou d'adoption pourrait se répéter pour les facultés d'enseignement de Montréal. Plusieurs étudiantes et étudiants auraient avantage à pratiquer en dehors des stages déjà prévus et les universités se doivent de travailler avec les milieux communautaires, cela fait partie de leur mission éducative.

Finalement, le projet de conceptions de jeux vidéos pour les jeunes décrocheurs ou en situation d'handicaps ou d'exclusion sociale est vraiment intéressant. Soumis par Ludociels, un organisme à but non lucratif créé en 2013 par Thomas Gaudy, Stéphanie Akré et Olivier Guillot ce projet vise par le biais des jeux vidéos à aider des jeunes en difficulté. C'est une belle initiative surtout lorsqu'on connaît la place de l'industrie des jeux vidéos à Montréal. Peut-être pourront-ils développer le projet avec d'autres partenaires?

Si ces projets sont emballants, je ne peux m'empêcher de penser que les groupes communautaires ont peu participé à l'évènement d'hier. Peu de projets ont été soumis par ces groupes, ils étaient d'ailleurs dans la rue hier pour dénoncer l'austérité et l'abandon de la subvention de 200 millions de dollars par le PLQ. Pourquoi souligner ce point? C'est que ces groupes travaillent quotidiennement avec les clientèles ciblées par les projets cités plus haut. Ils oeuvrent à aider les jeunes et moins jeunes à acquérir des habiletés qui leur permettront de poursuivre leur route et de s'intégrer. S'il y a, comme le mentionnait Jacques Ménard, président de BMO, une nouvelle édition de "je vois Montréal" il faudra penser à ces groupes et faire des liens avec la communauté d'affaires. Montréal aurait tant à y gagner!