/news/politics
Navigation
Investissement Québec

Le fils de Jacques Daoust embauché après qu’on autorise une subvention

ARG-JACQUES-DAOUST
Photo: Joel Lemay, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Le fabricant de jus bien connu Lassonde a obtenu l’an dernier une subvention de 1,85 M$ d’Investissement Québec alors que Jacques Daoust était encore le président de la société d’État. Quelques mois plus tard, l’entreprise embauchait le fils de M. Daoust comme «conseiller principal», a appris notre Bureau d’enquête.

Le fabricant de jus bien connu Lassonde a obtenu l’an dernier une subvention de 1,85 M$ d’Investissement Québec alors que Jacques Daoust était encore le président de la société d’État. Quelques mois plus tard, l’entreprise embauchait le fils de M. Daoust comme «conseiller principal», a appris notre Bureau d’enquête.

Le 27 mars 2013, Investissement Québec a autorisé une aide financière non remboursable de 1,85 M$ à une filiale des Industries Lassonde, le fabricant international de jus de fruits et de légumes situé à Rougemont, en Montérégie.

Chantal Corbeil, porte-parole d’investissement Québec, confirme l’information.

Jacques Daoust était alors le PDG de la société d’État et la ministre responsable de l’époque était la péquiste Elaine Zakaïb.

L’approbation ministérielle a suivi l’étude du projet et la recommandation de l’équipe de Jacques Daoust.

En septembre 2013, Sébastien Daoust, le fils de Jacques Daoust, est devenu conseiller principal chez Industries Lassonde. Ce dernier a confirmé hier l’information qui se trouve d’ailleurs sur sa page LinkedIn, le site web de réseautage professionnel.

Congédié par le gouvernement péquiste en juin 2013, M. Daoust n’était plus à la tête d’Investissement Québec lorsque son fils a été embauché. La société d’État n’a pas annoncé la subvention avant le 11 octobre 2013.

Jacques Daoust a été nommé ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, après la victoire électorale libérale dans le comté de Verdun, en avril dernier.

« Sur un bout de table »

Rejoint aux Industries Lassonde, Sebastien Daoust nous a dit qu’il ne se rappelle pas cette subvention. À sa connaissance, son père n’est pas intervenu pour l’aider dans sa recherche d’emploi. Il dit travailler comme analyste d’affaires en technologies de l’information.

«J’ai envoyé un paquet de CV à gauche et à droite durant tout l’été en 2013», a dit M. Daoust, qui est aussi copropriétaire d’un vignoble avec son père (Les Vignes des Bachantes) à Hemmingford.

«En septembre [2013], dit-il, j’avais deux autres offres. Il a fallu que je relance Lassonde. Le poste m’intéressait beaucoup. Ça s’est négocié rapidement... en une journée. Ça s’est vraiment décidé sur un bout de table de même.»

Réaction du ministre

Melissa Turgeon, porte-parole du ministre Daoust, a dit hier que c’est «une ministre péquiste qui a pris la décision finale» sur la subvention, et non pas Jacques Daoust.

«Il n’y a pas de lien entre la subvention et l’embauche de son fils plus tard. Il a suivi un processus d’embauche normal chez Lassonde», a ajouté Mme Turgeon.

Quand nous lui avons demandé si M. Daoust avait fait des appels à Lassonde en faveur de son fils et que nous avons souligné que le ministre avait rencontré la compagnie la semaine dernière, elle a refusé de répondre en ajoutant que M. Daoust avait une carrière en affaires depuis 40 ans et il ne se cachait pas de connaître «des membres du Québec inc.»

Aucun lien

Sylvain Mayrand, directeur général des opérations chez Industries Lassonde, soutient pour sa part qu’il n’y a aucun lien entre l’octroi de la subvention d’Investissement Québec et la décision subséquente d’embaucher le fils de M. Daoust.

«On avait un poste en informatique ouvert, dit-il, et il avait les compétences et on l’a embauché. Je ne savais même pas que c’était le fils du ministre Daoust.»

Il souligne que le contrat final avec Investissement Québec n’a pas été signé avant le 18 septembre. Ce n’était pas «un cadeau» à la société, selon lui, car l’argent a garanti 425 emplois chez Lassonde.

La subvention était pour financer en partie une série de projets de modernisation dans les usines de Lassonde à Rougemont pour une valeur totale de 19 M$, selon un communiqué. L’implantation de deux nouvelles lignes de production pour fabriquer des bouteilles de plastique en polyéthylène téréphtalate (PET) faisait partie de ces projets. Un nouvel entrepôt de 40 000 pieds carrés était aussi prévu.

M. Mayrand a dit hier que la compagnie ne va pas nécessairement toucher toute la somme de 1,85 M$. Il explique que la subvention ne couvre que 9,74 % des dépenses en capital totales de l’entreprise sur ses projets et que des projets prévus ne seront pas tous réalisés avant la date limite.

Commentaires