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Obésité et écoles: un résultat peu surprenant!

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Dans un article de La Presseon apprend que  "selon une nouvelle étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), 82,7 % des écoles défavorisées se trouvent à moins de 750 mètres d’un dépanneur et 75 % à moins de 750 mètres d’un restaurant-minute" .  L'étude ajoute que "les résultats montrent que les écoles ayant des élèves provenant de milieux défavorisés sur le plan du revenu ont plus de chance, tant en milieu rural qu’en milieu urbain, d’avoir un restaurant-minute ou un dépanneur à proximité".

Êtes-vous surpris de ces résultats? Moi, non! Mais ce n'est pas parce que je crois à l'explication proposé. Le résultat est peu surprenant considérant (que mon collègue Alexis Gagné de la Fondation Lucie et André Gagnon me faisait remarquer) que la majorité des populations défavorisées se situent en milieu urbain. Et en milieu urbain, il est peu surprenant de trouver une forte densité de restaurant-minutes. La corrélation trouvée par l'INSPQ est donc parfaitement normale!

Et quand on pense au sujet convenablement, il y a une hypothèse claire: si la densité de restaurants (offre) est élevée, la demande est plus importante. Logiquement, la densité des villes devrait favoriser la densité des restaurants et donc génerer des taux d'obésité supérieurs. Ajoutons que la pauvreté dans les villes devrait exacerber ce phénomène relativement aux endroits ruraux. Et pourtant, les études semblent trouver que l'obésité est aussi prévalente en milieu rural qu'en milieu urban chez les jeunes. Considérant une telle observation discordante, il est peu surprenant de voir un corps de littérature scientifique qui rejette l'idée d'un lien statistiquement significatif entre la croissance de l'obésité et la densité des restaurants-minutes . Par exemple, il y a cette étude de Applied Economics ainsi que ce document du National Bureau of Economic Research qui affirme qu'il n y a aucun effet sur l'obésité sur les étudiants de 9ème année lorsque les restaurants-minutes sont à 402 mètres et 804 mètres de l'école de l'enfant (il n y a qu'un effet lorsque qu'ils sont à moins de 160 mètres).

Il y a probablement un effet "urbain" qui pousse l'obésité vers le haut, mais la présentation des résultats de l'INSPQ exagère cette réalité et La Presse fait preuve d'un manque de pensée critique à l'égard d'une étude.