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Foxcatcher

Explorer le côté sombre du rêve américain

Foxcatcher (film)
photo courotisie

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TORONTO | Un gambler miserait gros sur Bennett Miller au moment de parier sur les lauréats des Oscars. Le réalisateur de Capote – film en nomination aux Oscars et pour lequel le défunt Philip Seymour Hoffman a remporté la statuette du meilleur acteur – a présenté son film Foxcatcher au Festival de Cannes et depuis, les éloges ne cessent de s’empiler sur son compte. Miller a d’ailleurs été élu meilleur réalisateur et a été en nomination pour la Palme d’or sur la Croisette.

TORONTO | Un gambler miserait gros sur Bennett Miller au moment de parier sur les lauréats des Oscars. Le réalisateur de Capote – film en nomination aux Oscars et pour lequel le défunt Philip Seymour Hoffman a remporté la statuette du meilleur acteur – a présenté son film Foxcatcher au Festival de Cannes et depuis, les éloges ne cessent de s’empiler sur son compte. Miller a d’ailleurs été élu meilleur réalisateur et a été en nomination pour la Palme d’or sur la Croisette.

Foxcatcher est basé sur l’histoire vécue par les frères Mark et Dave Schultz, deux lutteurs médaillés olympiques, et du destin tragique les ayant liés à John Dupont, un riche excentrique qui s’est improvisé entraîneur d’un centre sportif construit sur son domaine.

C’est un Steve Carell méconnaissable qui se glisse dans la peau de Dupont, alors que Channing Tatum et Mark Ruffalo, eux, incarnent respectivement Mark et le grand frère protecteur Dave Schultz. Le récit est fascinant en soi et peut servir de métaphore aux États-Unis, bien que Miller se soit défendu d’avoir réalisé un film à saveur politique lors de son passage au Festival international du film de Toronto.

«Vous pouvez y voir une métaphore et une allégorie, mais lorsque nous réalisons un film, nous ne pouvons suivre une orientation politique, a-t-il dit. Ça irait à l’encontre du style et de l’intégrité du film.»

«Le sujet est fascinant parce qu’il touche à plusieurs thèmes. Vous avez l’homme le plus riche des États-Unis et des gars de la classe moyenne, des cols bleus, et leurs intérêts s’entrechoquent. J’y vois également une allégorie, mais ce n’était pas le cas pendant le tournage.»

Jeu d’acteurs

Foxcatcher a mis plusieurs années avant de voir le jour. Miller avait arrêté ses choix sur les acteurs avec qui il voulait collaborer. Il a offert le rôle à Channing Tatum huit ans plus tôt, juste après l’avoir vu dans A Guide to Recongnizing Your Saints.

«Il (Channing) est incroyable dans ce film, électrifiant, dangereux. C’est rare de voir quelqu’un qui crève autant l’écran... Je lui ai offert le rôle avant même d’avoir le scénario en main.»

«Mark Ruffalo, c’est Mark Ruffalo, a dit Miller. Ça veut tout dire. C’est l’homme avec le plus grand cœur que j’ai rencontré dans ma vie, il est une sorte de Dave Schultz de l’industrie du divertissement. Il n’y aurait pas eu de film sans lui.»

«Le fait que Steve Carell ne corresponde pas à ce type de “casting” est ce qui a déterminé mon choix, parce qu’il agit comme Dupont, c’est-à-dire de manière imprévisible», a expliqué Miller.

«Personne n’aurait soupçonné Dupont d’être l’homme qu’il était. Je devais donc choisir un acteur considéré inoffensif, bien qu’il puisse être habité par une tout autre dimension. Ça n’a pas été difficile pour moi de voir cela en Steve quand je l’ai rencontré, dit-il en riant. Et il a manifesté sa volonté d’exhiber ces traits que les gens drôles ont.»

Miller, 47 ans, est natif de New York et faisait partie de la bande de Philip Seymour Hoffman et de Dan Futterman lorsque tous étudiaient à l’école de théâtre NY State Summer School of the Arts (Futterman a d’ailleurs coécrit Foxcatcher et avait cosigné le scénario de Capote).

Médium «puissant»

Sinon, à la question «pourquoi faites-vous ce métier», le réalisateur répond: «J’aime le cinéma. C’est le médium le plus puissant de toute l’histoire de l’art. Son potentiel est sans fin. Vous pouvez passer une vie à vouloir le maîtriser. Cependant l’appât du gain étouffe le vrai potentiel, dit-il dans un haussement d’épaules. Voilà un sujet plus important dans lequel je ne veux pas m’embarquer. Sur le plan culturel, c’est une tendance décourageante.»

 

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