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La simplicité contre la luxuriance

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Photo AFP Neil Young

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Neil Young produit beaucoup, trop au goût de certains. Il s’aventure dans des sentiers, parfois familiers et peu pittoresques. Il débarque souvent à l’improviste, tel Storytone.

 

 

Neil Young produit beaucoup, trop au goût de certains. Il s’aventure dans des sentiers, parfois familiers et peu pittoresques. Il débarque souvent à l’improviste, tel Storytone.

Un CD double, la même sélection de chansons, deux versions; une en solo, acoustique, à la guitare, piano et harmonica; l’autre inattendue, avec grand orchestre, big band et section rythmique, où il se limite à interpréter.

Le contraste est saisissant: la simplicité contre la luxuriance, parfois à la limite du kitsch (arrangement de cordes de Plastic Flowers ou Who’s Gonna Stand Up ?). Puis la progression, d’arrangements quasi-hollywoodiens au big band de la Great Swing Era des années 40.

Dans Who’s Gonna Stand Up, on croit reconnaître la tension sourde d’un film de cowboys et d’Indiens, avant une embuscade; I’m Glad I Found You évoque l’épilogue d’un Homme Tranquille avec John Wayne; dans Say Hello To Chicago, en filigrane, Frank Sinatra au Sands avec un solo de guitare et d’harmonica endiablés et détonnant à la Harvey Mandel et Julio Finn.

Il remet ça avec Like You Used To Do, un blues de Chicago à la Willie Dixon qui aurait bien figuré dans le répertoire d’un film des Blues Brothers.

Pour un connaisseur et un vrai fan, en réécoutant attentivement, il va retrouver dans les arrangements le style de Jack Nitzsche, amplifié, magnifié, à la manière d’A Man Needs A Maid (Harvest). Un plus.

Le chant est étonnamment clair et juste, même dans les quelques trémolos, pour exprimer la vulnérabilité de quelqu’un qui vient de retrouver la passion amoureuse et tourner la page sur une relation de plus de 38 ans. Heureux, il l’exprime doublement; pour sa passion des vieilles bagnoles et le plaisir de rouler dans la sierra ou le désert (I Want To Drive My Car et Tumbleweed). Les textes, toujours simples et réalistes, sont efficaces. On y croit. Un second plus.

S’il surprend, il ne réinvente rien. C’est plutôt frappant en écoutant la version débranchée. Mais il est indéniable que c’est l’un de ses albums les plus émouvants depuis Freedom (1989).

Musicalement, c’est aussi l’environnement musical de son enfance. En rétrospective, sa carrière prend de plus en plus la tournure de celle de Dylan, où la loyauté des fans est chaque fois mise à l’épreuve.


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