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Pots-de-vin

L'ex-ingénieur Luc Leclerc radié 10 ans?

Luc Leclerc
JEAN-LOUIS FORTIN/LE JOURNAL DE MONTRÉAL Luc Leclerc

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L’ancien ingénieur Luc Leclerc pourrait être radié 10 ans de son ordre professionnel pour avoir reçu des centaines de milliers de dollars en pots-de-vin des mains d’entrepreneurs en construction lorsqu’il travaillait à la Ville de Montréal.

Luc Leclerc a plaidé coupable hier matin devant le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs à sept chefs d’accusation. Après s’être entendu avec l’ingénieur aujourd’hui retraité, le syndic de l’Ordre a suggéré une radiation de 10 ans, soulignant «la gravité» des faits reprochés à M. Leclerc, «l’ampleur des montants reçus» et «la fréquence à laquelle l’ex-ingénieur s’est retrouvé dans des situations de conflit d’intérêts».

Pendant des années, l’ancien fonctionnaire de la Ville de Montréal a accepté des pots-de-vin de la part d’entrepreneurs en construction sous forme d’argent comptant et de cadeaux. En échange, il acceptait de leur facturer de faux extra sur les chantiers. Une note qui s’est avérée salée pour les contribuables montréalais.

Lors de son témoignage devant la commission Charbonneau en octobre 2012, Luc Leclerc avait évalué avoir touché environ 500 000 $ en pots-de-vin.

La plus sévère sanction

«Il s’agit de l’un des cas les plus graves dans tous les dossiers de corruption et de collusion qui ont eu lieu à la Ville de Montréal», a indiqué hier l’avocat du syndic, Me Sébastien Dyotte.

Ce dernier a par ailleurs relevé qu’une radiation de 10 ans correspondait à la sanction la plus sévère jamais demandée dans un tel dossier.

Même si M. Leclerc est aujourd’hui à la retraite, cette radiation «signe la fin de sa carrière» a déclaré Me Dyotte. «C’est une question d’exemplarité. Nous sommes en train de bâtir une jurisprudence», a-t-il poursuivi.

Clémence

Si Luc Leclerc et le syndic se sont entendus sur la sanction, rien n’empêchera le président du Conseil de discipline de rendre une décision plus sévère. L’ex-ingénieur lui a alors demandé sa «clémence»: «J’ai collaboré de bonne foi pour faire la lumière sur ce qui se passait dans l’industrie de la construction, je vous demande d’en tenir compte dans votre décision».

À la sortie de l’audience, M. Leclerc s’est dit «surpris» que l’immunité dont il bénéficiait devant la commission Charbonneau ne se soit pas appliquée à l’Ordre des ingénieurs. «J’espère que la poussière va retomber et que je vais retrouver l’anonymat», a-t-il ajouté. Le Conseil de discipline rendra sa décision dans les prochaines semaines.


 

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