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Le pouvoir des mots

Michel Marc Bouchard, invité d’honneur au Salon du livre

Michel Marc Bouchard
Photo Courtoisie

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Habitué du Salon du livre de Montréal, à ses séances de dédicace, ses tables rondes et ses conférences diverses, l’auteur Michel Marc Bouchard figure cette année parmi les invités d’honneur de cette 37e édition, en raison de son rôle de porte-parole du projet humanitaire Livres comme l’air. Parce que la liberté d’expression n’est pas innée pour tous...

Habitué du Salon du livre de Montréal, à ses séances de dédicace, ses tables rondes et ses conférences diverses, l’auteur Michel Marc Bouchard figure cette année parmi les invités d’honneur de cette 37e édition, en raison de son rôle de porte-parole du projet humanitaire Livres comme l’air. Parce que la liberté d’expression n’est pas innée pour tous...

Tout d’abord, en quoi consiste le projet Livres comme l’air?

C’est un événement particulier au Salon du livre de Montréal, organisé par le Centre québécois du P.E.N., un organisme international qui vise à défendre les auteurs emprisonnés, exilés, torturés et disparus à travers le monde. En partenariat avec Amnistie internationale et l’Union des écrivains québécois (UNEQ), Livres comme l’air réunit chaque année, depuis 15 ans, dix auteurs d’ici, à qui l’on demande de dédicacer un de leurs ouvrages à l’attention d’un auteur étranger qui est soit exilé, en prison ou disparu.

De quel crime sont habituellement accusés ces écrivains séquestrés?

Pour avoir prôné la démocratie, clamé la liberté d’expression ou questionné la religion, ils sont considérés comme des rebelles. C’est une question de liberté d’opinion en fait qui les a menés à l’emprisonnement ou à la torture. On parle de 800 à 900 cas de journalistes ou d’écrivains emprisonnés, torturés ou même tués depuis le début de l’année. C’est énorme!

À qui avez-vous dédicacé votre livre cette année?

Dans mon cas, il s’agit d’un journaliste syrien qui s’appelle Jihad Asad Mohamed et c’est très étrange, car je dédicace un livre à quelqu’un qui est disparu depuis août 2013 et dont on n’a aucune nouvelle. Tout ce que j’espère, c’est qu’il est encore vivant, mais dans un pays aussi chaotique que la Syrie, j’ai de faibles espoirs. Tout de même, ce soir [NDLR : 19h30, à la Place Confort TD], chaque auteur va venir lire sa dédicace sur scène. Ça risque d’être un moment très émouvant et tant mieux si ça passe par des sentiments forts, parce que ce sont des réalités qui sont extrêmement dures, extrêmement cruelles.

En quoi le Salon du livre de Montréal est-il nécessaire pour les auteurs québécois?

La première chose qui est vraiment intéressante pour les écrivains, et tout le monde va s’entendre là-dessus, c’est qu’on rencontre enfin les lecteurs. Sinon, la confrérie des auteurs fait en sorte que tout le monde se rencontre et c’est un bel outil de promotion pour le lancement d’un nouveau livre. Dans l’ensemble, c’est une grande célébration du livre et de la lecture en général.

Vous participez au Salon depuis plusieurs années. Quelles constatations faites-vous sur l’industrie du livre au Québec?

C’est fascinant de voir à quel point les gens lisent et achètent encore des livres. Je suis ravi de voir que cet engouement pour le papier est encore présent. C’est sûr que dans le monde de l’édition, c’est un peu plus difficile. On l’a vu avec La Courte Échelle, il y a des problèmes administratifs qui amènent de grandes maisons à la faillite. Ça met en précarité de nombreux auteurs, mais il n’en demeure pas moins que ce n’était pas dû à un lectorat en chute.

Que pensez-vous des livres électroniques?

De plus en plus, les gens achètent les livres électroniques, mais on parle seulement de support. Que ce soit sur iPad ou en papier, il n’en demeure pas moins que les gens l’achètent, qu’il y a des droits d’auteur de versés et que l’œuvre continue à faire son bout de chemin. Je garde tout de même une affection particulière pour le médium traditionnel en papier, où tu peux plier le coin de la page, souligner, prendre des notes et le ranger par la suite dans ta bibliothèque comme un trophée.

Livres comme l’air : lecture des dédicaces ce vendredi, 19h30, à la Place Confort TD du Salon du livre

 

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