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Les technologies de l’information souffrent-elles d’innovation ?

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Photo Courtoisie Présidente-Directrice Générale de l’Association québécoise des technologies (AQT).

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J’ai été stupéfaite d’apprendre que le gouvernement avait l’intention de sabrer à nouveau dans les crédits d’impôt aux entreprises lors de la mise à jour économique le 2 décembre prochain, jugeant qu’ils sont destinés à une innovation qui n’est pas au rendez-vous chez les sociétés qui en bénéficient.

J’ai été stupéfaite d’apprendre que le gouvernement avait l’intention de sabrer à nouveau dans les crédits d’impôt aux entreprises lors de la mise à jour économique le 2 décembre prochain, jugeant qu’ils sont destinés à une innovation qui n’est pas au rendez-vous chez les sociétés qui en bénéficient.

Pourtant, pour les 2000 entreprises de l’industrie des technologies de l’information, innover s’avère la seule avenue, car elles se doivent, jour après jour, de contribuer à l’amélioration de nos activités professionnelles et personnelles. Ces firmes sont, pour la plupart, méconnues au point qu’il me faut rappeler, sur toutes les tribunes, que le bon fonctionnement de tout l’écosystème de notre société, incluant l’appareil de l’État, dépend d’elles et de leur savoir-faire.

Je vous défie de vous imaginer en train de passer ne serait-ce qu’une heure de votre journée sans utiliser une technologie utile, efficace et fiable. Difficile n’est-ce pas? Pourquoi? Parce que la technologie fait partie intégrante de nos vies. L’utilisation de la carte à puce, les applications de géoanalytique qui permettent, par exemple, aux producteurs de spectacles de mieux desservir leur clientèle, la gestion d’horaire des transports en commun, la gestion des feux de circulation ainsi que l’accessibilité à des services en ligne seraient sans aucun doute problématiques sans les bienfaits de la recherche et du développement. En étant conscients des défis auxquels font face ces entreprises, nous pouvons ainsi mieux comprendre pourquoi 33 % de leurs ressources sont affectées directement à la recherche et au développement.

Un rôle crucial

Quand on y réfléchit bien, on se rend compte de l’importance de l’informatique dans nos vies. Par ces réductions budgétaires, on stigmatise les entreprises qui bénéficient de ces mesures fiscales, laissant croire que leur travail est exempt de vision, de savoir-faire et d’innovation. Innover, c’est bien sûr quelque chose que l’on conçoit et réalise, mais c’est aussi modifier, améliorer et faire évoluer des concepts ou produits existants, ce que les entreprises de l’industrie des TIC accomplissent jour après jour.

De l’avis d’André d’Orsonnens, cofondateur de Druide et concepteur du célèbre correcteur orthographique Antidote, «les crédits d’impôt en R&D ont joué un rôle crucial dans l’évolution de Druide informatique. Sans eux, Antidote ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. En fait, il n’aurait probablement jamais vu le jour». Des correcteurs orthographiques, il en existait avant Antidote, mais c’est l’amalgame d’une vision et de connaissances acquises qui fait d’Antidote un produit exceptionnel. Je pourrais citer beaucoup d’autres exemples de ce que les entreprises d’ici ont accompli grâce à ce soutien économique et les solutions qu’elles ont développées pour améliorer, voire changer notre univers. Innover permet aussi aux entreprises de se démarquer de la concurrence et de rayonner sur la scène internationale. D’ailleurs, huit sociétés de l’industrie des TIC sur 10 exportent leurs solutions, par exemple en Inde, à Dubaï et au Brésil, créant ainsi de nouvelles sources de revenus importantes pour le Trésor québécois.

Miser sur les secteurs prioritaires

Alors, n’est-il pas temps de reconnaître la pertinence des rapports et études qui ­recommandent fortement de miser sur les secteurs prioritaires, dont celui des technologies de l’information? Une industrie qui affiche, je le rappelle, une croissance annuelle de 5 %, une performance qui est légitime et qui dicte son soutien inconditionnel. De plus, comme le souligne TechnoMontréal, l’industrie des TIC représente une contribution nette de 300 millions de dollars en recettes ­fiscales pour le Québec.

Arrêtons de stigmatiser cette industrie aux yeux de tous et reconnaissons son apport en la soutenant et non en la ­fragilisant.

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