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RESTAURANT | INSPECTIONS

Le gras dégouttait de la hotte

On a imposé sa fermeture pendant cinq jours après deux inspections catastrophiques

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Ne pas avoir compris les règles d’hygiène est une chose. Ne pas les suivre même après un rapport dévastateur d’un inspecteur en salubrité en est une autre.

Ne pas avoir compris les règles d’hygiène est une chose. Ne pas les suivre même après un rapport dévastateur d’un inspecteur en salubrité en est une autre.

Quand les inspecteurs de Montréal sont passés au restaurant vietnamien Pho Bac No 1, le 6 janvier 2014, ils ont vite compris qu’ils ne s’étaient pas déplacés pour rien. Le gras dégouttait de la hotte et du poulet cru était laissé à la température de la pièce depuis des jours.

Mais ils ne se doutaient pas qu’en repassant cinq mois plus tard, au 4707 rue Wellington, ils constateraient qu’à peu près rien n’avait changé.

C’est pour cette raison que, le 8 septembre dernier, un juge a condamné le restaurant de Verdun à une amende de 1500 $ pour la malpropreté de la première visite, avant de lui coller une peine plus sévère de 2800 $ pour la récidive.

«Les inspecteurs ont imposé la fermeture du restaurant pendant une semaine le mois passé pour faire le ménage. Là, tout est correct», dit un employé du propriétaire Thanh Tinh Do, qui a préféré ne pas s’entretenir avec Le Journal vu sa connaissance limitée du français.

Les photos prises par les inspecteurs n’ont pas aidé la cause du proprio en cour. Le Journal en publie plusieurs sur son site web. On y voit entre autres une série de coulisses de gras sur la hotte du four.

«La hotte de ventilation dégouttait de plusieurs endroits», écrivent les inspecteurs dans le rapport d’infraction de la première visite.

Putréfaction

L’intérieur du tranchoir à viande était également rempli d’aliments en voie de putréfaction. La loi impose de nettoyer le tranchoir chaque jour qu’il est utilisé. Or, ni le cuisinier ni le serveur ne savaient comment le démonter.

Les odeurs fétides ont aussi été détectées autour de la plonge. En soulevant le socle au-dessus de l’évier servant à rincer la vaisselle, «une forte odeur nauséabonde s’est dégagée».

Même parfum dégoûtant dans le frigo. «Les parois, les contours, les coupe-froid, l’intérieur, les poignées et les étagères étaient tous recouverts d’une couche de crasse noire facilement détachable», peut-on lire.

Même les couteaux rangés et donc censés être propres étaient couverts d’une couche graisseuse.

Cinq mois plus tard, en mai, les inspecteurs ont rédigé un rapport à peu près identique au précédent.

Les couteaux étaient aussi graisseux, les odeurs nauséabondes se trouvaient toujours dans l’évier et dans le frigo, la hotte de ventilation dégouttait comme la fois précédente et le tranchoir à viande nettoyé en janvier contenait de nouveaux débris en putréfaction.

Les inspecteurs ont ajouté une nouvelle infraction pour avoir gardé plusieurs kilos de bœuf et de poulet à une température supérieure à 20 °C alors qu’ils auraient dû être rangés au frigo. Le juge a donné quatre amendes en septembre dernier pour l’ensemble de l’œuvre, pour un total de 6100 $.


Il faut attendre plusieurs mois après l’infraction pour qu’un juge entende la cause et rende sa sentence. Les détails de ces jugements ont ensuite été obtenus après avoir fait une demande d’accès à l’information.

 

 

 

 

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