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Québec | Informatisation de la Santé

Le ministre de la Santé «découragé» par l’informatique

Gaetan Barrette, sante
Photo d'Archives Le ministre Gaétan Barette

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Sans détour, le ministre de la Santé, Gaétan Barette, a reconnu que le grand projet d’informatisation de la Santé, qui regroupe le Dossier santé Québec (DSQ), est un échec retentissant dont il sera difficile de se sortir.

Sans détour, le ministre de la Santé, Gaétan Barette, a reconnu que le grand projet d’informatisation de la Santé, qui regroupe le Dossier santé Québec (DSQ), est un échec retentissant dont il sera difficile de se sortir.

Dans une entrevue qu’il a accordée au journal The Gazette, le ministre a ainsi anéanti le message de ses prédécesseurs au poste de ministre et des fonctionnaires du ministère qui tentent toujours de défendre le projet informatique.

Le projet «devrait être abandonné et restructuré», explique-t-il, franchement. Mais ça coûterait «un autre milliard de dollars» et l’argent n’est pas disponible, a-t-il dit.

Plusieurs articles du «bordel» informatique ont mis en lumière les catastrophes dans le projet d’informatisation du Québec, soit le plus grand chantier informatique de l’histoire de la province.

Le projet, qui doit permettre l’échange et le partage électroniques des renseignements médicaux des Québécois partout dans la province, était promis pour 2011 à un coût de 543 M$. Québec cible maintenant 2021 et 1,6 G$. La facture continuera de grimper, selon plusieurs de nos sources qui craignent même que le projet, tel qu’imaginé, n’existe jamais.

La réforme Barette pourrait encore, en outre, compliquer le projet puisque des systèmes informatiques devront se raccorder différemment. Des dizaines de millions de dollars pourraient s’ajouter, selon une source en haut lieu du réseau de la Santé.

Loin de l’objectif

Le projet «n’est pas ce qu’il devait être», a pesté le Dr Barette dans son entrevue. Les logiciels n’ont pas été conçus pour s’intégrer les uns avec les autres, selon le ministre, qui a lui-même été appelé à être consultant dans l’informatisation de la santé au début des années 2000.

Au cours de la dernière année, nous révélions que l’informatique en santé avait coûté près de 600 M$ en 2012-2013 aux Québécois. C’était deux fois moins il y a six ans. Le coût précis des projets informatiques en santé n’a jamais été révélé publiquement sur l’outil de diffusion du gouvernement prévu à cet effet. Depuis deux ans, le gouvernement nous martèle que ça viendra.

Le réseau de la Santé compte un monstrueux total 1080 projets informatiques dans ses plans. Une grande révision est enclenchée pour éviter que des projets identiques soient élaborés en parallèle inutilement.

L’ancienne sous-ministre responsable du DSQ nous avait aussi lancé que les firmes privées «en ont profité». «On ne connaissait pas ça», avait-elle candidement lancé, ajoutant qu’elle voulait réduire la dépendance au privé. Le ministère a aussi dû faire la lumière sur des présumés pots-de-vin que des firmes informatiques auraient voulu offrir à certains médecins.

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