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Michaëlle Jean

Michaëlle Jean : Secrétaire générale de la Francophonie ?

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Les 29 et 30 novembre se tiendra à Dakar, au Sénégal, le XVe Sommet de la Francophonie.

Les 29 et 30 novembre se tiendra à Dakar, au Sénégal, le XVe Sommet de la Francophonie.

La Francophonie est une institution internationale qui regroupe 54 États et gouvernements membres, dont le Québec, ainsi que trois États associés et 20 États observateurs qui ont en principe, mais pas toujours en pratique, le français en partage. Un rapport divulgué récemment nous apprend que la langue française progresse légèrement dans le monde. Le français est ainsi la cinquième langue la plus parlée, avec 274 millions de locuteurs sur les cinq continents, derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol et l’arabe; les francophones sont au quatrième rang pour le nombre d’internautes et le français est la sixième langue pour le nombre de pages web. Ce tableau positif est cependant assombri par le fait que l’anglais est de plus en plus la seule langue utilisée dans les enceintes internationales.

Par ailleurs, grâce à l’efficacité du tandem formé par le Secrétaire général actuel (qui ne se représente pas), le Sénégalais Abdou Diouf, et l’Administrateur, le Québécois Clément Duhaime, l’Organisation internationale de la Francophonie est devenue un partenaire incontournable des Nations Unies et de l’Union africaine dans le cadre de règlements des conflits, particulièrement en Afrique. Là où se joue l’avenir démographique, linguistique, et même économique de la Francophonie.

C’est dans ce contexte que sera désigné, à huis clos, pendant le Sommet, le nouveau Secrétaire général.

Politique étrangère canadienne

Que dira Stephen Harper à ses collègues francophones pour les convaincre d’appuyer Michaëlle Jean? Leur dira-t-il qu’il ne bougera pas d’un iota en ce qui concerne les changements climatiques même si plusieurs pays qui seront présents à Dakar en paient déjà le prix fort?

Leur dira-t-il qu’il n’a toujours pas l’intention d’appuyer la candidature d’un pays africain pour siéger en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies?

Leur répétera-t-il que le budget de l’ACDI continuera sa chute et que de moins en moins de pays africains francophones profiteront de cette aide publique au développement, certains ayant déjà été rayés, d’un trait de plume, de la liste des pays prioritaires?

Ajoutera-t-il, devant les représentants du Liban, du Maroc et de la Tunisie, que son appui inconditionnel à Israël ne souffrira, quelles que soient les circonstances, d’aucune nuance?

Africains en rang dispersé

Avec un tel programme et un tel discours, qui est celui qu’il tient ici, la seule chance pour Michaëlle Jean de devenir Secrétaire générale de la Francophonie, c’est que les dirigeants africains arrivent au Sommet de Dakar en rang dispersé. Ce qui, pour l’instant, est le cas. Quelques-uns soutiennent le candidat mauricien, d’autres celui du Burundi, d’autres encore celui du Congo Brazzaville. Quant à la France, elle favorise un consensus africain. Si les choses n’évoluent pas en ce sens, Michaëlle Jean sera donc, par défaut, la prochaine Secrétaire générale de la Francophonie. En souhaitant qu’elle défende alors fermement ce qui est au cœur de la mission de la Francophonie: la langue française, la diversité culturelle et le multilinguisme sur la scène internationale.

 

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