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Nouveau modèle et premières projections montrent qu'un PQ dirigé par PKP pourrait remporter une majorité

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Voici le nouveau modèle pour le Québec. Il s'agît d'un modèle très préliminaire qui va bien sûr être modifié d'ici la prochaine élection et qui contient probabement quelques erreurs. Le modèle utilise les données des élections de 2008, 2012 et 2014 et inclut des effets régionaux et pour être un député sortant. Vous pouvez l'essayer vous-mêmes avec le nouveau simulateur. Si vous remarqez des erreurs ou des incohérences, vous pouvez me le faire savoir par commentaires ou sur facebook/twitter (le meilleur moyen de me joindre).

Histoire d'essayer le nouveau modèle, j'utilise le dernier sondage Léger (dont je parlais récemment) et le Crop d'hier. Ces sondages montrent somme toute une situation similaire avec le PLQ en avance, loin devant le PQ et la CAQ. Quant à QS, ce parti se retrouve à 10% chez Léger et 14% chez Crop. Pour ces premières projections, j'ai simplement fait la moyenne de ces sondages. Le Léger contient également des questions concernant la course à la chefferie du PQ et montre que Pierre Karl Péladeau est de loin en avance sur ses rivaux. Aussi, un PQ dirigé par PKP pourrait guider ce parti vers la victoire (et possiblement une majorité).

Avant de regarder les détails, je tiens à préciser qu'au-delà du fait que le modèle en est à sa première version, il faut se souvenir que ce genre de projections restent sujettes à de nombreuses incertitudes. De plus, nous parlons ici de projections alors que la prochaine élection n'aura pas lieu avant au moins 4 ans. Qui plus est, j'utilise un sondage avec une question hypothétique (Si PKP était chef du PQ...). Tout ça pour dire qu'il ne faudrait pas donner à ces résultats une trop grande importance.

Quoiqu'il en soit, voici les projections en se basant sur ces sondages. Comme d'habitude, les probabilités sont obtenues via 5000 simulations qui tiennent compte de l'incertitude des sondages mais aussi du mode de scrutin. Vous avez, dans l'ordre, les intentions de vote, les projections en sièges avec les intervales de confiance à 95% ainsi que les chances de gagner. Vu qu'aucun des sondages n'inclut ON ou le Parti Vert, j'ai simplement réparti les "autres" entre ces deux partis. Si les sondeurs continuent de ne plus les inclure, je devrai probablement les retirer du modèle.

Proj Qc 21 Nov 2014 white

Il est intéressant de constater que le PQ, malgré le fait qu'il se retrouve 3e en moyenne derrière le PLQ et la CAQ, aurait en fait légèrement davantage de chances de gagner que cette dernière. Il se peut que ce soit dû à l'efficacité du vote. Ou il se peut que le modèle ait besoin d'améliorations. Quoiqu'il en soit, il reste que le PLQ resterait le grandissime favori en cas de scrutin demain. Je trouvais amusant hier de voir les titres concernant le dernier sondage Crop ("Une cassure au PLQ"...) alors que ce parti reste en très bonne position. Les chances d'une majorité sont d'un peu moins de 50%. Aussi, QS grimpe à 4 sièges (les 3 actuels plus Hochelaga) et pourrait raisonnablement espérer remporter Laurier-Dorion ainsi que Rosemont.

Les projections détaillées sont disponibles ici.

Regardons maintenant le possible "effet PKP". Le sondage Léger montre que PKP est non seulement le grand favori au sein des partisans PQ pour devenir le prochain chef (au point où, honnêtement, je ne suis pas sûr que la course ne soit pas déjà terminée), mais il montre également que PKP pourrait faire gagner le PQ. En effet, avec l'ex-patron de Quebecor à sa tête, le PQ augmenterait de 10 points alors que le PLQ et la CAQ baisseraient tous les deux. Spécifiquement, voici les changements en termes de votes, sièges et chances de gagner:

Changements avec PKP
Votes Sièges Chances de gagner
PLQ -6% -20 1.8%
PQ 10% 39 98.2%
CAQ -7% -18 0.0%
QS 1% -1
Les chances d'une majorité PQ seraient d'environ 80%.

Ces chiffres sont assez impressionnants. Je continue d'être sceptique concernant le nombre d'électeurs PLQ qui changeraient de bord si PKP était chef du Parti Québécois, mais il ne fait pas de doute qu'un PQ avec PKP a sa tête serait en meilleure posture pour remporter la prochaine élection. Je l'ai déjà mentionné par le passé, mais le PQ a besoin de conditions assez idéales pour remporter le plus de sièges de nos jours. Les 4 ou 5 dernières ont bien démontré cela. Le PLQ est rendu une machine à gagner qui, malgré de fortes fluctuations entre élections, continue d'avoir une efficacité du vote remarquable et un nombre de comtés assurés bien supérieurs à tous les autres partis. Le fait que le PQ n'a pu faire mieux qu'une mince victoire en 2012 alors que les conditions étaient pas mal idéales montre bien le problème qui attend la formation souverainiste. Il ne fait pas de doute selon moi que le PQ a besoin de changements majeurs. Est-ce que PKP est l'homme idéal pour apporter ces changements? Possiblement. En tous les cas, tant que les sondages continueront de montrer que cette formation remporterait le plus de siège avec PKP à sa tête, je doute que son avance s'effritera de beaucoup. Et peu importe qui deviendra le chef au mois de mai prochain,  il (ou elle) aura une marge de manoeuvre bien plus importante que ses prédécesseurs pour réformer le parti. Il faut cependant remarquer que même avec PKP, le PQ reste sous les 40%.

En conclusion, je crois qu'il est raisonnable d'affirmer actuellement que le PQ avec PKP a sa tête aurait de bien meilleures chances de remporter le prochain scrutin. Et le parti qui en souffrirait le plus est très probablement la CAQ. Au-delà de cela, il y a trop de "si" pour vraiment conclure quoique ce soit de plus.

25 commentaire(s)

Gilles Bousquet dit :
21 novembre 2014 à 6 h 26 min

Oui, PKPéladeau, futur Kapitaine Kébek, comme chef, ferait gagner n'importe quel parti provincial, sauf Québec solidaire mais, pour faire du ( Québec, un pays ), il n'y a que le PQ qui en fait son objectif premier.

Robert Guénette dit :
21 novembre 2014 à 7 h 30 min

Nous savons que le parti Libéral part avec 30 sièges dans sa poche au départ. (Comtés anglophones et ou allophones.) Si PKP espèrent un gouvernement majoritaire, il doit se rallier une majorité de francophones. Mais pour cela, il doit incarner les aspirations de cette même majorité. Au delà des questions populistes de François Legault, qu'est-ce qu'attends réellement la majorité francophone d'un chef politique. Parce que la question se retrouve à cet endroit. Le chef !!! Il incarne le parti et ses idéaux. Et plus important encore, il ne doit pas laisser paraître des fils blancs, car ses adversaires auront tôt fait de s'en servir. C'est ce qui explique la ou les défaites de Pauline Marois.

jacko dit :
21 novembre 2014 à 7 h 41 min

la CAQ était a combien dans les pourcentages pour eux avant que le parti devient officiel? et apres dans la même journée qui a officialisé il a commencé a descendre , On verra ! ca vous dit quoi? alors on verra avec PKP ce qu il fera comme bourde encore, et il peut glissé dans les sondages.. c est ca la politique rien de sur !!

André dit :
21 novembre 2014 à 8 h 36 min

M. Breguet, c'est un privilège d'écrire dans un média. En ce sens, ne pourriez-vous pas soigner un peu votre orthographe ? Ou demander à quelqu'un de le faire pour vous ?

Juste un exemple : ''Je continue d’être septique''. Comme vous l'écrivez, on parle d'une fosse et non d'une opinion. Pour le moment, je continue donc d'être sceptique à votre égard.

Francois Pitou dit :
21 novembre 2014 à 8 h 48 min

Bon , la chicane qui recommence....

Normand Choinière dit :
21 novembre 2014 à 8 h 52 min

La SEULE façon pour le PQ de reprendre le pouvoir repose sur la disparition effective de la CAQ. C'est LE clou à enfoncer. Avec PKP ils sont "en voiture". Il ne fait aucun doute que PKP, milliardaire propriétaire d'un empire qu'il a largement développé lui-même et qui domine le marché, peut faire face à un simple millionnaire qui a construit, jadis, un transporteur aérien qui tire régulièrement le diable par la queue. Son pouvoir d'attraction est énorme.

Quant aux libéraux et c'est cela qui fait toute la différence, ils jouissent à presque 95% et AUTOMATIQUEMENT du vote d'un bloc d'électeurs qui constitue 22% de la population québécoise: les anglophones et immigrants. À ceci s'ajoutent un autre 10% de franco-fédéralistes purs et durs auxquels se greffent variablement un autre 10 à 20% de franco-fédéralistes plus ou moins mous susceptibles de faire du tourisme ailleurs, principalement à la CAQ. et au PQ.

C'est l'étiolement de la CAQ et l'arrivée de PKP qui change la donne dans cette tranche de l'électorat. PKP présente une image économique crédible qui, surtout, frappe au coeur le PLQ devenu parti de médecins et de technocrates de la finance. PKP laisse surtout et sérieusement interpréter qu'il saura préserver l'harmonie économique entre un Québec indépendant et le Canada : un Québec libre et indépendant AVEC le reste du Canada fort et uni. .

Au rythme où vont les choses, il devient de plus en plus possible que QS s'étiole. Khadir et David risquent bien de ne pas faire la prochaine campagne électorale dans 3-4 ans. L'un et l'autre l'ont laissé entendre verbalement ou par leur comportement. Ce parti sera vraisemblablement dirigé par d'illustres inconnus comme le Bloc à Ottawa, dont les noms risquent de ressembler à des joueurs de hockey plutôt qu'à des politiciens d'ici. Ça ne passera plus la rampe. Le poids du nom de David est aussi important chez QS que Legault à la CAQ. La fin de QS serait la "cerise sur le sundae" et la porte ouverte à...

Denise Bruneau dit :
21 novembre 2014 à 8 h 52 min

De grâce, le mot "SEPTIQUE" s'écrit "SCEPTIQUE", ça fait dur les fautes d'orthographe, vérifier, faites vérifier, mais, évitez les fautes.

Pierre-Luc Simard dit :
21 novembre 2014 à 8 h 57 min

Avec PKP, le PQ et QS gagnent 11%, et le PLQ et la CAQ perdent13%.

Où est le 2% de différence ?

albert bela dit :
21 novembre 2014 à 8 h 59 min

dans quel univers parallèle

Pierre-Luc Simard dit :
21 novembre 2014 à 9 h 06 min

Avec PKP, 49% des électeurs voteraient pour des partis souverainistes et plus à gauche selon votre model.

Est-ce que l'appuie à la souveraineté sera à ce niveau avec PKP ? Un niveau jamais atteint depuis 20 ans... Y a-t-il plusieurs fédéralistes à QS ?

Hugues dit :
21 novembre 2014 à 9 h 17 min

Peu importe qui 'gagne' la prochaine fois, à la longue ce modèle dépassé ne nourrit que le cynisme. On a aujourd'hui un gouvernement qui avec 41% des votes et 56% des sièges contrôle 100% du pouvoir... Dont la légitimité morale est donc tenue... Et qui prend de grandes décisions. Il y a là un 'fond du problème' qu'il faudra attaquer de front un jour.

diane veilleuxAprès tout, la Catalogne a voté (même si Madrid n’accorde aucune force de loi à ce référendum) massivement en faveur de la souveraineté même si cette région de l’Espagne est plus pauvre que le Québec. dit :
21 novembre 2014 à 9 h 31 min

Et si le PLQ continue comme il est parti, à qui cela profitera-t-il? Il sont bien partis pour se pendre avec la corde que les électeurs leur ont donné.

domi00 dit :
21 novembre 2014 à 9 h 39 min

Ouf ! Faire des projections à 4 ans des élections ,c´est purement théorique. Attendons d´abord de savoir ce que propose PKP comme programme et comment il se comporte en tant que chef du PQ.

Parce que avec des si ....

Philippe Riondel dit :
21 novembre 2014 à 9 h 41 min

Attendez que le débat d'idées s'engage, et vous verrez le PQ imploser. La sauce ne prendra jamais entre PKP et le PQ. C'est comme l'eau et l'huile, on peut les mettre dans un même récipient, mais elles ne se mélangeront jamais. À part l'idée de l'indépendance, rien ne rapproche les idées de PKP et celle du parti souverainiste, dont Drainville vient de nous rappeler fort à propos qu'il est foncièrement ancré à gauche. Déjà quand il se compose essentiellement de souverainistes plus ou moins de gauche et de syndicalistes, ce parti est ingouvernable. Comment voulez-vous que PKP y trouve un soutien et puisse, s'il se rend sur la plus haute marche, puisse gouverner? La relation PKP a pour moi vécu ses plus belles heures. Elle ne peut que décliner et décevoir.

Philippe Riondel dit :
21 novembre 2014 à 9 h 44 min

@Robert Guénette Ce qu'on attend, sûrement un parti de gauche dirigé par un chef de droite. Soit celui-ci sera fidèle à ses idées et ne pourra pas mettre en œuvre sa politique, faute de soutien dans ses rangs. Soit il devra mener sans conviction une politique de gauche contraire à ses idées pour espérer être soutenu. Dans tous les cas, un beau gâchis.

Philippe Riondel dit :
21 novembre 2014 à 9 h 47 min

Oups. Lire dans le message précédent : "sûrement pas"

Scott Gauthier dit :
21 novembre 2014 à 10 h 16 min

Il est un peu prématuré de faire des prévisions dans la première année d'un mandat de 4 ans pour les libéraux. 4 ans est une durée de vie dans la politique. M. PKP peuvent être populaire maintenant mais nous savons comment les opinions changent rapidement. Ce qui se passe au PQ de gauche? Nous aurons droit, droit et plus droit pour nos 3 grands choix? Je suis un anglophone donc je ne voterai jamais PQ mais je tiens a notre province de Québec de me donnerait une meilleure option que d'être obligé de voter libéral.....

al brown dit :
21 novembre 2014 à 10 h 51 min

La valeur de votre article est assez questionable. Comment pouvez-vous vous projeter dans le futur a 4 ans des prochaines élections sans savoir si PKP sera le chef tant désiré. Comment se comportera-t-il ? Quel sera son programme. Toutes des suppositions qui demeurent que des suppositions.

Ghis dit :
21 novembre 2014 à 12 h 03 min

C'est le temps de Noël un sauveur nous est donner. Encore une pensée magique qui va nous sauver. Personne n'a encore comprit que tant que l'on va se devoir le cul il n'y a rien ni personne qui va pouvoir quelque chose pour notre pense magique.

peterdaniels dit :
21 novembre 2014 à 12 h 04 min

Il y en a qui rêvent en couleur, même éveillés au PQ !

Normand Choinière dit :
21 novembre 2014 à 12 h 44 min

Le Pouvoir est responsable de toutes les traîtrises et de tous les... compromis.

Au PQ, vous verrez la droite et la gauche s'unir à l'odeur du Pouvoir. On soutient à tout prix un chef gagnant et on rejette sans retenue un chef perdant. C'est la perspective du Pouvoir qui fera choisir le prochain Chef du PQ, rien d'autre.

Dans le cas du PQ, cette loi de la politique est d'autant plus capitale que Pouvoir et Indépendance constituent un doublon..

Pierre-Luc Simard dit :
21 novembre 2014 à 13 h 11 min

@Normand Choinière:

Êtes-vous certain de votre stratégie ? Elle me semble complètement suicidaire...

Si la CAQ disparaissait, où iraient ses électeurs non-souverainistes qui composent principalement sa clientèle ? Au PLQ ou au PQ ? Lequels de ces deux partis en profiteraient le plus ?

SVP, réveillez-vous !!!

Gaëtan Lavoie dit :
21 novembre 2014 à 13 h 34 min

Monsieur Breguet montre autant de rigueur en français qu'en statistiques. Quoiqu'il en soit doit s’écrire quoi qu’il en soit, et intervalle s’écrit avec deux ll. Ces erreurs de type III sont-elles des fausses sceptiques ?

alain maronani dit :
21 novembre 2014 à 13 h 56 min

Un petit rappel...

Breguet est anglophone et écrit très bien en francais...

Pour ceux et celles qui veulent lui donner des cours de francais je me demande s'ils sont capables d'écrire un texte en anglais de la qualité des textes en francais de Breguet...

Enfin je peux me permettre de rappeler que le Québec a le triste privilège d'avoir 800.000 analphabètes sur son territoire et que 35 % de la population est en situation d'illettrisme fonctionnel (incapable de lire une simple documentation).

Bravo Monsieur Breguet pour la qualité de votre francais, pour certains vous serez toujours trop et jamais assez..

Je continuerais a lire vos analyses avec plaisir en ignorant si possible, les pisses-vinaigre...

Merci

Gaëtan Lavoie dit :
21 novembre 2014 à 15 h 07 min

Monsieur Maronani,

Je me permets de vous rappeler quelques évidences.

La première, c’est qu’il existe des professionnels qu’on appelle des réviseurs de textes. Quiconque se pique d’éclairer les lecteurs par ses analyses pointues devrait se donner la peine de faire relire ses textes, ce qui devrait être un réflexe lorsqu’on n’écrit pas dans sa langue maternelle. Cela dit, il n’y a aucune garantie que les articles de Monsieur Breguet seraient pour autant impeccables. Deuxièmement, l’indigence langagière n’est pas propre aux Québécois francophones. Consultez un tant soit peu les comptes rendus des autorités américaines, canadiennes, françaises, saoudiennes, etc. en matière de langue maternelle parlée et écrite, et vous constaterez que les cancres existent dans toutes les sociétés. Le Québec français, à ce chapitre, n’est pas pire que les autres sociétés occidentales; il pourrait être meilleur, je le reconnais volontiers. En troisième lieu, vous aurez sûrement noté des raccourcis méthodologiques, des calculs erronés et des extrapolations audacieuses dans la démarche de Monsieur Breguet. Pour sa défense, j’ajouterai qu’il a sans doute dû faire court pour ne pas ennuyer le lecteur. Sachez qu’en statistique la concision de l’interprétation et la précision des résultats ne doivent en aucun cas se substituer à la rigueur du raisonnement.