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La maladie et la mort

Rosen auf Grabstein
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J’ai eu le privilège d’être invité à titre de président d’honneur au premier colloque québécois «Parler de la mort ne fait pas mourir». Ce colloque, tenu à Québec, a réuni près de 150 personnes et 14 conférenciers se sont relayés pour aborder un aspect particulier autour du thème de la mort.

J’ai eu le privilège d’être invité à titre de président d’honneur au premier colloque québécois «Parler de la mort ne fait pas mourir». Ce colloque, tenu à Québec, a réuni près de 150 personnes et 14 conférenciers se sont relayés pour aborder un aspect particulier autour du thème de la mort.

L’objectif du colloque était de contribuer à démystifier la mort et à lever le tabou l’entourant. Ce colloque s’adressait à la population en général ainsi qu’aux différents intervenants du deuil et de la mort. Un deuxième colloque est déjà prévu pour 2015.

La maladie

Très rares sont les couples qui, au long de leur évolution, n’ont pas été mis en contact avec la maladie de leur conjoint ou la mort d’un être cher. Ces épreuves sont parfois traumatisantes et plusieurs couples n’y survivent pas, surtout lorsque ces événements surviennent de façon inopinée.

Vivre avec un conjoint malade mobilise une énergie énorme. Être le conjoint malade est tout aussi énergivore et stressant. Lorsque la maladie est circonscrite dans le temps, ce moment critique peut rapidement se résorber.

Mais lorsque la maladie devient chronique (fibromyalgie, diabète, Alzheimer, paralysie, prostatectomie...), cela expose au couple tout un défi et peut facilement hypothéquer la relation.

La mort d’un enfant

La mort la plus injuste qui soit est la mort d’un enfant, peu importe son âge et la raison du décès, que la mort soit périnatale ou après plusieurs années de vie. Qu’un parent âgé décède, c’est prévu et normal, même parfois soulageant pour la personne elle-même (qui peut souffrir le martyr) et pour son entourage qui doit en prendre soin.

Mais la mort d’un enfant, par surcroît accidentelle, est quelque chose d’inacceptable. Cette mort suscite énormément de chagrin et en fait un deuil long, très long. Ce chagrin peut être ravivé à chaque souvenir, à chaque mort d’un membre de l’entourage ou simplement à l’audition du nom d’un enfant qui porte le même nom que l’enfant mort.

«Après la mort de Marc, j’avais le sentiment de vivre une expérience tellement effroyable qu’elle resterait indicible parce que personne ne pourrait jamais la comprendre». Ce propos a été tenu par une mère dix ans après la mort de son fils.

Sous la tristesse, existent aussi la colère, la culpabilité et parfois la honte. La colère contre une telle injustice qui va à l’encontre du sens de la vie; une culpabilité parfois extrême. Celle de ne pas avoir su protéger son enfant; un sentiment de honte face au regard des autres. Comment s’accepter comme parent alors que son enfant est mort?

Survivre à la mort d’un enfant

La mort d’un enfant transforme les deux parents, et le couple ne peut plus jamais être le même. Faire le deuil d’un enfant prend facilement des années: comment voulez-vous apprivoiser quelque chose d’aussi horrible? Et, évidemment, il est impossible d’oublier cet enfant.

D’où la nécessité d’en parler et d’en reparler, ou encore de l’écrire, d’écrire une lettre à l’enfant mort pour dire sa colère, sa culpabilité, sa honte, sa détresse, son incompréhension devant la situation. Et d’aller enterrer la lettre sur la tombe de l’enfant ou de la brûler pour que les cendres aillent retrouver les siennes.

L’entourage ne sait généralement pas quoi dire à des parents, qui sont aussi des amis, qui viennent de perdre leur enfant. En fait seuls les parents qui peuvent comprendre sont ceux qui l’ont vécu. C’est pourquoi existent des «cafés mortels» dans plus de 80 pays autour du monde (deathcafe.com), dont plusieurs au Québec. Un café mortel est un groupe de discussion sur la mort et sur la façon dont elle influence la vie afin de l’apprivoiser.

 

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