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Le bordel informatique exige la tenue d’une enquête publique

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Monsieur le Premier Ministre, c’est maintenant au tour de votre ministre, Gaétan Barette, de conclure qu’il faudrait un milliard de dollars pour réparer les systèmes informatiques en santé.

Monsieur le Premier Ministre, c’est maintenant au tour de votre ministre, Gaétan Barette, de conclure qu’il faudrait un milliard de dollars pour réparer les systèmes informatiques en santé.

Un milliard.

Pour refaire des systèmes dont les développements nous coûteront déjà au-delà de 1,6 milliard.

C’en est assez

Car ce constat d’échec ne fait que s’ajouter à la trop longue litanie des projets informatiques publics abandonnés après avoir englouti des centaines de millions d’argent public (ex.: GIRES, SIDOCI, ministère de la Justice) ou connu des dépassements de coûts tout aussi exorbitants (ex.: RENIR, SAGIR).

Cela, sans compter les pannes majeures annoncées, donc évitables, perturbant services publics et vies des citoyens (ex.: services de santé, plusieurs jours en 2007; subventions aux parents en garderie, plusieurs mois en 1995-1996).

C’en est assez de ces projets aux besoins trop souvent mal ou pas du tout identifiés (comme le dénonce le vérificateur général).

Assez des documentations incompréhensibles, voire carrément trompeuses, fournies aux ministres, députés, dirigeants d’organismes publics et citoyens (ex.: carte Accès Santé).

Assez des agendas technocratiques forçant la main du gouvernement et des législateurs (ex.: Dossier Santé Québec).

Assez des situations de conflit d’intérêts de nombreux acteurs de l’informatique publique (ex.: Jean-Guy Lemieux, ex-dirigeant principal de l’information, consultants au CHUM).

Assez de ces nombreux appels d’offres conçus pour qu’une seule firme privée puisse soumissionner (ex.: Directeur général des élections). C’en est assez.

Commission d’enquête

Monsieur le premier ministre, s’il y a un dossier nécessitant rappel à l’ordre et à la rigueur, c’est bien celui des projets informatiques publics.

La lutte contre le gaspillage de fonds publics, la bonne gestion des affaires publiques, le bon gouvernement ainsi que les préservations du bien-être de la population et de la démocratie commandent que le gouvernement institue une commission d’enquête sur l’informatique dans le secteur public québécois.

Cette commission devrait avoir pour mandat:

1 De faire le portrait des problèmes de décision, conception, développement, gestion et opération de l’informatique dans le secteur public québécois;

2 D’examiner l’existence de situations de conflit d’intérêts ainsi que de stratagèmes de collusion et corruption dans l’octroi et la gestion de contrats publics en informatique et, lorsqu’il y en a, en faire le portrait;

3 D’examiner et recommander les mesures qui permettraient d’identifier, enrayer et prévenir:

- le gaspillage de fonds publics;

- les dysfonctionnements du gouvernement et des services publics;

- les incidents affectant citoyens et entreprises;

- les situations de conflit d’intérêts;

- la collusion et la corruption;

- les préjudices au bon gouvernement et à la démocratie.

Devenir un meneur

Monsieur Couillard, s’il existe une mesure susceptible de contribuer à améliorer les finances et services publics, à renforcer la confiance de la population ainsi que de fournir des leçons utiles — y compris pour le secteur privé — c’est bien la tenue d’une telle commission.

Le Québec n’a plus d’autre choix que d’ouvrir le chantier de la maîtrise sociale, économique, technique et démocratique de son informatisation. Le Québec peut relever ce défi. Le Québec peut même ainsi devenir un meneur dans ce monde numérique en émergence.

 
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