/misc
Navigation

Le bordel informatique exige une enquête publique

Coup d'oeil sur cet article

[Version avec hyperliens et sondage de ma chronique d'hier dans le Journal]
Monsieur le premier ministre, Philippe Couillard, c’est maintenant au tour de votre ministre, Gaétan Barette, de conclure qu’il faudrait un milliard de dollars pour réparer les systèmes informatiques en santé.

Un milliard.

Pour refaire des systèmes dont les développements nous couteront déjà au-delà de 1,6 milliard.

C’en est assez.

Pas un bordel, un désastre - Ministre Gaétan Barette - informatique santé

Car ce constat d’échec ne fait que s’ajouter à la trop longue litanie des projets informatiques publics abandonnés après avoir englouti des centaines de millions d’argents publics (ex. : GIRES, SIDOCI, Ministère de la Justice) ou connu des dépassements de couts tout aussi exorbitants (ex. : RENIR, SAGIR).

Cela, sans compter les pannes majeures annoncées, donc évitables, perturbant services publics et vies des citoyens (ex. : services de santé, plusieurs jours en 2007; subventions aux parents en garderie, plusieurs mois en 1995-1996).

C’en est assez de ces projets aux besoins trop souvent mal ou pas du tout identifiés (comme le dénonce le Vérificateur général).

Assez, des documentations incompréhensibles, voire carrément trompeuses, fournies aux ministres, députés, dirigeants d’organismes publics et citoyens (ex. : Carte Accès Santé).

Assez, des agendas technocratiques forçant la main du gouvernement et des législateurs (ex. Dossier Santé Québec).

Assez, des situations de conflit d’intérêts de nombreux acteurs de l’informatique publique (ex. : Jean-Guy Lemieux, ex-dirigeant principal de l’information, consultants au CHUM).

Assez, de ces nombreux appels d’offres conçus pour qu’une seule firme privée puisse soumissionner (ex. : Directeur général des élections).

C’en est assez.

Commission d'enquête

Monsieur le premier ministre, s’il y a un dossier nécessitant rappel à l’ordre et à la rigueur, c’est bien celui des projets informatiques publics.

La lutte contre le gaspillage de fonds publics, la bonne gestion des affaires publiques, le bon gouvernement ainsi que les préservations du bien-être de la population et de la démocratie commandent que le gouvernement institue une commission d’enquête sur l’informatique dans le secteur public québécois. Cette commission devrait avoir pour mandat :

1- de faire le portrait des problèmes de décision, conception, développement, gestion et opération de l’informatique dans le secteur public québécois;

2- d’examiner l’existence de situations de conflit d’intérêts ainsi que de stratagèmes de collusion et corruption dans l’octroi et la gestion de contrats publics en informatique et, lorsqu’il y en a, en faire le portrait;

3- d’examiner et recommander les mesures qui permettraient d’identifier, enrayer et prévenir :

  • - le gaspillage de fonds publics;
  • - les dysfonctionnements du gouvernement et des services publics;
  • - les incidents affectant citoyens et entreprises;
  • - les situations de conflit d’intérêts;
  • - la collusion et la corruption;
  • - les préjudices au bon gouvernement et à la démocratie.
Devenir un meneur

Monsieur Couillard, s’il existe une mesure susceptible de contribuer à améliorer les finances et services publics, à renforcer la confiance de la population ainsi que de fournir des leçons utiles – y compris pour le secteur privé – c’est bien la tenue d’une telle commission.

Le Québec n’a plus le choix d’ouvrir le chantier de la maitrise sociale, économique, technique et démocratique de son informatisation. Le Québec peut relever ce défi. Le Québec peut même ainsi devenir un meneur dans ce monde numérique en émergence.

* * * * * *

11 commentaire(s)

jeanpierre lareau dit :
24 novembre 2014 à 11 h 04 min

mr peladeau svp foutez nous la paix avec les commissions il y a tellements d;autres priorites avant de depenser inutilement des commissions qui ne reglent rien ns avons elu un gouvernement pour gouverner laissons les regler le problemes

christian dit :
24 novembre 2014 à 11 h 23 min

Ce ne sont pas des policiciens qui doivent administrer les vrais affaires. Ce sont des gestionnaires compétents et honnêtes qui doivent le faire. Adieu les magouilles, gaspillages et dilapidages de fonds public.

EL. Liberté dit :
24 novembre 2014 à 12 h 09 min

faudrait juste aller voir combien la compagnie CGI a donner au PLQ et on va tous comprendre pourquoi sa couter si chère.

diane veilleuxAprès tout, la Catalogne a voté (même si Madrid n’accorde aucune force de loi à ce référendum) massivement en faveur de la souveraineté même si cette région de l’Espagne est plus pauvre que le Québec. dit :
24 novembre 2014 à 12 h 11 min

Cet examen de gaspillage éhonté est urgent. Avant de demander aux citoyens qui n'en peuvent plus de payer pour rien il faut s'assurer que les impôts déjà payés soient utilisés à bon escient et qu'il ne servent surtout pas à engraisser les amis politiques comme il est de plus en plus évident en informatique. Tristement, ce n'est pas le seul domaine, que l'on pense seulement au coût des médicaments qui dans certains cas ont été payés jusqu'à cent fois le prix réel.

diane veilleux dit :
24 novembre 2014 à 12 h 11 min

Cet examen de gaspillage éhonté est urgent. Avant de demander aux citoyens qui n’en peuvent plus de payer pour rien il faut s’assurer que les impôts déjà payés soient utilisés à bon escient et qu’il ne servent surtout pas à engraisser les amis politiques comme il est de plus en plus évident en informatique. Tristement, ce n’est pas le seul domaine, que l’on pense seulement au coût des médicaments qui dans certains cas ont été payés jusqu’à cent fois le prix réel.

Carol Morissette dit :
24 novembre 2014 à 12 h 15 min

M. Péladeau à mon humble avis est le seul à pouvoir remettre le gouv. sur la bonne voie. On ne peux pas faire un cheval de course avec une gang de canards boiteux. Il faut avoir les couilles à la bonne place N'en déplaise à M. Couille.

Suzanne Duchesneau dit :
24 novembre 2014 à 12 h 16 min

Oui, exactement les mêmes façons de faire qui perdure. Libéraux + amis+corruptions vs votes = milliards engloutis aux vues et aux sus de nos magnifiques, efficaces, irremplaçables (ne les avons-nous pas remis au pouvoir) dirigeants qui n'a d'égal que la mafia!

schlum dit :
24 novembre 2014 à 12 h 21 min

Dans 6 mois, la Commission Charbonneau va être disponible, donnons-leur le contrat

Jean Belle-Isle dit :
24 novembre 2014 à 12 h 22 min

Vous avez raison, l'informatique gouvernementale est un véritable bordel où règnent l'inefficacité et la collusion implicite avec les fournisseurs établis. Mais je m'interroge sur la façon de faire le diagnostic et de proposer des solutions. Il faut des enquêteurs expérimentés capables d'analyser en toute indépendance, sans que leur point de vue ne soit déformé par les années de participation à la défense de la gestion du bordel. Sans cela, une commission d'enquête (fomée essentiellement d'avocats) ne servirait qu'à gaspiller des fonds publics.

chantale dit :
24 novembre 2014 à 15 h 32 min

Tout comme le registre des armes à feu; UN GOUFFRE SANS FONDS. Qui va payer pour toutes cette mauvaise administration de nos taxes; écoeurée.

Marc Laroche dit :
24 novembre 2014 à 15 h 40 min

Non seulement une commission d'enquête mais des accusations criminels contre les soi-disant experts et consultants qui "bourrent" les fonctionnaires incultes en informatique qui croient que C++ c'est une note de bulletin scolaire. Ses consultants on souvent des intérêts dans les firmes qui décrochent les contrats. Il n'a pas que pour la vente d'essence que les cartels devraient être interdits.