/investigations/techno
Navigation
Informatique | Haut fonctionnaire

Un haut fonctionnaire payé à ne rien faire depuis son départ

Jean-Marie Lévesques
Photo d'archives En juin dernier, Jean-Marie Lévesques qui était alors le grand patron informatique avait été sévèrement critiqué par des élus en

Coup d'oeil sur cet article

Les contribuables québécois paient l’ancien grand patron informatique à un salaire plus élevé que le premier ministre, même s’il a refusé de travailler et qu’il s’affaire uniquement à sa «préretraite», a découvert notre Bureau d’enquête.

Les contribuables québécois paient l’ancien grand patron informatique à un salaire plus élevé que le premier ministre, même s’il a refusé de travailler et qu’il s’affaire uniquement à sa «préretraite», a découvert notre Bureau d’enquête.

Le haut fonctionnaire en question est Jean-Marie Lévesques. Il était, jusqu’au 22 septembre, grand patron informatique du Québec. Il a démissionné un an avant la fin de son mandat.

Depuis deux mois, Jean-Marie Lévesques touche toujours un salaire de 190 840 $ sur une base annuelle. Il empochait 200 278 $ avant de quitter son poste. Il a reçu près de 32 000 $ en salaire en deux mois pour préparer sa retraite.

M. Lévesques a précédé Jean-Guy Lemieux, qui a aussi démissionné, un mois après avoir été nommé en raison des apparences de conflit d’intérêts. Notre Bureau d’enquête avait révélé que son frère occupait un poste de vice-président pour la multinationale québécoise d’informatique CGI, qui a réalisé de nombreux contrats pour les organismes gouvernementaux et qui continue de le faire.

Questions sur sa gestion

Plusieurs de nos reportages ont fait état de problèmes dans des chantiers informatiques qui ont notamment relevé de la gestion de Jean-Marie Lévesques.

C’était par exemple le cas du manque flagrant de concurrence dans le projet SAGIR, dont les coûts sont passés de 83 M$ à plus de 1 G$.

Le vérificateur général avait lui-même soulevé que l’organisme dirigé par M. Lévesques n’assurait pas une «libre concurrence», manquait de «rigueur» et de «connaissances».

Bien qu’il ait quitté par lui-même, ce départ n’a pas conduit à sa retraite officielle de l’État. Le gouvernement lui permet de «finaliser les derniers aspects administratifs de sa retraite, qui sera effective le 28 novembre», a expliqué Jean Auclair, porte-parole au Secrétariat du Conseil du trésor.

M. Auclair a mentionné qu’un autre mandat a été proposé à Jean-Marie Lévesques, mais ce dernier l’a refusé.

Il refuse de nous parler

Joint après sa démission, Jean-Marie Lévesque nous avait fait savoir clairement qu’il était inutile d’essayer de lui parler.

Il ne nous a pas rappelés, hier, comme il ne nous avait jamais parlé durant son mandat.

Concernant Jean-Guy Lemieux, le Secrétariat du Conseil du trésor nous a lancé qu’il prenait quelques jours de vacances et qu’il sera affecté à de nouvelles tâches. Il est toujours payé 179 000 $ depuis son départ dans la controverse.

 
Commentaires