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Faillite de Mabe Canada

Faillite de Mabe Canada: des miettes aux retraités

L'ancienne usine, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.
Photo Archives / Agence QMI L'ancienne usine, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

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Après avoir travaillé dans ce qui fut le plus important fabricant, distributeur et réparateur d'électroménagers du pays, Mabe Canada (anciennement Camco), plus de 2500 ex-travailleurs voient leurs prestations de retraite amputées de 22 % et ont perdu leur assurance collective, qui était pourtant garantie à vie.

Une déconfiture qui n’a rien à voir avec la fermeture de Mabe, planifiée, et tout à voir avec la faillite survenue sans préavis le 25 août dernier.

«On suppose que cette faillite était préméditée», a déclaré Michel Ouimet, directeur québécois du syndicat Unifor.

Environ 700 employés ont perdu leur emploi lors de la fermeture, le 20 juin dernier. Plus de 1600 ex-employés participaient au régime et 925 sont à la retraite, selon les chiffres fournis par la Régie des rentes du Québec.

Une manifestation des retraités de Mabe et Camco devait avoir lieu, lundi matin, devant l’ancienne usine de Mabe, au 5781, rue Notre-Dame Est, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Double jeu?

Mabe est un fabricant mexicain d’électroménagers qui a acquis l’usine montréalaise Camco en 2005, une institution du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Ce manufacturier produisait des marques bien connues : General Electric (GE), Profile, Monogram, Hotpoint, Moffat, etc. Après 2005, l’usine est devenue le principal fournisseur de sécheuses de GE aux États-Unis.

Malgré sa promesse de maintenir les 1000 emplois de Camco dans la métropole, l’entreprise a annoncé en 2007 le transfert de certaines activités vers ses installations de Saltillo, au Mexique, puis a licencié des employés en 2009 et 2010.

Le syndicat a négocié avec le siège social mexicain un délai pour la fermeture de l’usine montréalaise, qui a été annoncée janvier en 2012 et en vigueur le 20 juin 2014. «On a eu une bonne collaboration avec les Mexicains et avec l’employeur», a dit Michel Ouimet.

Mabe Canada a convenu d’aider financièrement 600 travailleurs au seuil de leur retraite, un engagement de 18 millions $, et de maintenir l’assurance collective.

En cas de fermeture d’une entreprise, la loi québécoise sur les régimes complémentaires de retraite s’applique: les droits des retraités peuvent leur être transférés ou leur permettre d'acheter une rente auprès d'un assureur.

Le 25 août dernier, surprise: Mabe a déclaré faillite. Adieu retraite, assurance collective et les 18 millions $ pour les travailleurs âgés.

Le pire scénario

«Une faillite de l’employeur, c’est ce qui peut arriver de pire pour la retraite d’un employé», a indiqué le porte-parole de la Régie des rentes, Pierre Turgeon.

Le régime prend fin, la caisse de retraite doit être liquidée, mais n’est pas en faillite — l’employeur ne peut s’en servir pour payer des dettes. La loi fédérale sur la faillite a préséance sur la loi québécoise. Un juge détermine l’ordre des créanciers. Et les retraités ne sont pas des créanciers privilégiés.

Si le régime de retraite est déficitaire et qu’il est impossible de récupérer les sommes dues à cause de la faillite, les prestations des retraitées sont réduites en conséquence. C’est le sort des retraités de Mabe Canada, victimes d’un manque à gagner de 35 millions $ dans le régime selon Unifor.

Le syndicat songe actuellement à entreprendre des recours légaux contre Mabe.

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