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Montérégie

L’entrepôt de la discorde

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Des résidents de Sainte-Marie-Madeleine, en Montérégie, ont installé une remorque, en bordure de la route 116, pour signaler leur désaccord avec la construction d’un entrepôt dans leur quartier résidentiel.

Des résidents de Sainte-Marie-Madeleine, en Montérégie, ont installé une remorque, en bordure de la route 116, pour signaler leur désaccord avec la construction d’un entrepôt dans leur quartier résidentiel.

Noëlla Paquette habite la rue Demers depuis 55 ans. Opérée pour un cancer il y a quelques mois, ce n’est pas dans ces circonstances qu’elle imaginait sa convalescence. «Je ne vois même plus le soleil dans ma cour arrière», souligne la dame de 78 ans. Elle craint que le nouveau bâtiment ne fasse diminuer la valeur de sa propriété.

L’entrepôt servira entre autres pour de la machinerie, puisque son propriétaire a obtenu le contrat de déneigement municipal. «Même si les déneigeuses ne sont pas encore sorties, c’est déjà plus bruyant qu’avant», note Mme Paquette.

Des travaux sans permis

brbrReplacementbrbr Le propriétaire de l’entrepôt, Sylvain Lévesque, détient un droit d’entreposage acquis. Il admet avoir coulé le béton de avant d’avoir obtenu le permis de la municipalité, mais affirme que c’était pour sauver des frais: «Je travaille dans un domaine saisonnier, explique-t-il, et entreprendre des travaux l’hiver coûte plus cher alors je me suis dépêché.»

La Ville a ordonné l’arrêt des travaux et lui a remis un avis d’infraction. Toutefois, une fois son permis en poche, il a pu terminer le bâtiment. Il dit avoir été accommodant parce qu’au départ, la structure devait avoir 32 pieds de hauteur alors qu’elle en a finalement une vingtaine.

M. Lévesque parle d’acharnement et de «farfeluteries» pour décrire les agissements de ses voisins. Il mentionne que la CCQ et d’autres groupes sont débarqués pour inspecter le chantier «aux frais des contribuables» alors qu’il n’avait rien à se reprocher.

Il affirme n’avoir bénéficié d’aucun passe-droit de la Ville et parle d’une guerre de clochers qui a dégénéré.

Un manque d’écoute

brbrReplacementbrbr Il y a un mois, une cinquantaine de personnes s’étaient présentées au conseil municipal pour s’opposer à la construction du garage. Toutefois, des dérogations mineures ont été adoptées avant qu’elles puissent s’exprimer. «À Sainte-Marie-Madeleine, ce n’est qu’à la fin des assemblées que les gens ont un droit de parole», explique sa directrice générale, Ginette Daigle.

Lorsque les opposants ont pu parler, les décisions étaient déjà prises.

En vertu de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, une dérogation mineure ne peut être accordée si elle porte atteinte à la jouissance, par les propriétaires des immeubles voisins, de leur droit de propriété.

Le maire, Simon Lacombe, soutient que la construction du garage ne cause de préjudice à personne. La directrice générale, elle, assure que les décisions ont été prises selon les règles, à la suite de recommandations du comité consultatif d’urbanisme.

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