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Les CPE ont augmenté le travail des femmes de 55 ans et plus?

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L’annonce de la nouvelle politique de tarification à l’égard des garderies au Québec a provoqué une levée des boucliers. La situation ne s’est pas améliorée quand la ministre de la famille a annoncé qu’elle n’avait pas réquisitionné d’étude sur l’impact que la nouvelle politique aurait sur le travail des femmes.

Il s’agit de l’argument le plus souvent avancé en faveur des centres de la petite enfance : ils ont permis aux femmes de retourner sur le marché du travail. Par le passé, j’ai déjà affirmé que les estimations du nombre de femmes qui sont retournés sur le marché du travail étaient probablement faussées par la coïncidence de la création des CPE avec la réforme de l’assurance-emploi. En plus, le nombre de retours au travail par les femmes a probablement été compensé légèrement par une diminution de l’offre de travail des pères. Alors, oui il y a un effet, mais il est probablement très modeste!

Toutefois, je n’avais jamais pensé regarder le taux de participation des femmes en fonction de l’âge. En regardant une telle division du marché du travail, on réalise que l’effet des CPE est probablement exagéré puisque l’augmentation la plus forte de l’offre de travail des femmes vient de celles qui sont âgées de plus de 55 ans!

En 1990, le taux de participation des femmes au marché du travail était de 54.3% contre 54.2% en 1997 (lors de l’instauration des CPE) et de 61% en 2013. Chez les femmes âgées entre 25 et 44 ans (celles qui sont les plus probablement des mères), le taux a passé de 75% à 77% à 85.4%. Il y a certes une amélioration, mais il est très probable qu’une partie significative de cette hausse s’explique par la réforme de l’assurance emploi. Toutefois, chez les femmes de 55 ans et plus, le taux de participation est passé de 13.3% à 13.7% à 27.6%.  Une augmentation similaire est observée chez les femmes de 45 à 49 ans et de 50 à 54 ans. Au final, la grande majorité de l’augmentation du taux de participation des femmes se retrouve concentré dans une fraction de la population qui a plus de 45 ans et pour lesquelles les garderies à 7$ n’ont aucun effet sur leurs décisions d’offre de travail.

Femmmes

Je suis toujours très sceptique des estimations sur l’offre de travail d’une politique financièrement mineure (et qui est compensée par des impôts élevés) considérant que l’offre de travail est relativement inélastique. Ces statistiques renforcent mon scepticisme et peut-être que certains devraient le partager!

7 commentaire(s)

Denis dit :
24 novembre 2014 à 13 h 17 min

Mais il y a peut-être un lien pareil !!! Les grands-mères qui gardent leurs petits enfants ou aident à tout le moins ont toujours existé et existent encore...

Il faudrait voir ces chiffres plus en détail. Il y a bien de l'idéologie des deux côtés. Alors, on va chercher ce qui avantage sa façon de penser.

Frédéric Verville dit :
24 novembre 2014 à 13 h 50 min

M. Geloso, c'est toujours très amusant de vous voir publier des chiffres sans même prendre la peine de citer la source. Quelle rigueur que la vôtre...! J'en suis toujours soufflé.

Je vous partage un autre article sur le sujet, qui lui a au moins le mérite de citer clairement d'où provient l'information. N'hésitez pas à prendre des notes...

"Le graphique qui suit montre cette fois le taux d’emploi des femmes ayant des enfants de moins de six ans, peu importe leur âge. Il s’agit là directement des femmes qui peuvent potentiellement utiliser des services de garde.

Là, les écarts sont encore plus nets! Cette fois, le taux d’emploi de ces femmes a augmenté de 17,7 points de pourcentage au Québec entre 1996 et 2014, pas du tout (0,0 point) en Alberta et de 9.6 points au Canada (mais de 7,2 points si on ne considère que le reste du Canada) et trône maintenant bien au-dessus de ceux du Canada et surtout de l’Alberta."

https://jeanneemard.wordpress.com/2014/11/22/jeanne-express-andre-pratte-et-les-faits/

Louis-Charles Legault-Bouchard dit :
24 novembre 2014 à 14 h 01 min

Le blogueur Jeanne Émard amène une statistique contraire intéressante : le taux d'emploi des femmes dont le plus jeune enfant a moins de 6 ans. Ne serait-ce pas une meilleure statistique pour évaluer l'impact des CPE?

https://jeanneemard.wordpress.com/2014/11/22/jeanne-express-andre-pratte-et-les-faits/

Olivier dit :
24 novembre 2014 à 14 h 26 min

Super intéressant. Sur le dossier des CPE, en un graphique, vous m'en apprenez plus que tous les autres intervenants réunis.

Cela déboulonne le mythe selon lequel la droite est contre les CPE parce qu'elle préconise le modèle de mère au foyer. Bien entendu, la mauvaise foi qui envenime les discussions politiques est une source intarissable et "l'autre bord" va s'empresser de trouver une autre raison pour appuyer ces coûteuses garderies.

Peut-être pourriez-vous attaquer la mission sociale des CPE qui offrirait à des enfants de milieux défavorisés d'avoir autant de chances dans la vie que les enfants riches. Par exemple, est-ce qu'un enfant qui a passé quelques années dans un CPE a plus de chances de réussir ses études primaires et secondaires qu'un autre qui a passé par le secteur privé ou dont la mère s'est occupé avant la maternelle?

Philippe dit :
24 novembre 2014 à 19 h 52 min

Pierre Fortin répète ad nauseam que les CPE sont un succès en claironnant les statistiques du retour au travail des femmes. Ce qu'il oublie de dire dans sa défense passionnée des CPE..c'est que nous aurions pu atteindre ce but louable en subventionnant directement les parents et par la création soudaine de garderies privées grâce aux subventions et à l'offre et la demande...

Les CPE sont un succès pour les syndicats...

Philippe dit :
24 novembre 2014 à 19 h 53 min

Pierre Fortin répète ad nauseam que les CPE sont un succès en claironnant les statistiques du retour au travail des femmes. Ce qu'il oublie de dire dans sa défense passionnée des CPE..c'est que nous aurions pu atteindre ce but louable en subventionnant directement les parents et par la création soudaine de garderies privées grâce aux subventions et à l'offre et la demande...

Les CPE sont un succès pour les syndicats ET C,EST UN GOUFFRE FINANCIER POUR LES CONTRIBUABLES.....

Amé dit :
24 novembre 2014 à 21 h 10 min

Comme le mentionne Denis, mon hypothèse aussi est que ces femmes de 50 ans et plus retournées sur le marché du travail depuis les CPE, pourraient s'agir en fait des grands-mères qui se sont vues libérées de la fonction de gardienne...