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Garderies

Être une maman au foyer et une femme épanouie, c'est possible, disent des jeunes mères

Maude Lyonnais
photo courtoisie

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Alors que le débat sur la hausse des tarifs en garderie fait rage, de jeunes mères au foyer épanouies déplorent qu’on considère l’avenue qu’elles ont choisie uniquement comme un recul.

«Je suis fière de mon choix, mais on est comme invisibles! On n’est pas représentées nulle part», lance Maude Lyonnais, une jeune maman à la maison de trois beaux garçons.

La femme de 31 ans, qui se dit féministe, a bondi quand elle a entendu les préoccupations des groupes de défense des droits des femmes, qui fusent depuis l’annonce de la hausse des tarifs en garderie, par le gouvernement Couillard, la semaine dernière.

Le Conseil du statut de la femme, notamment, s’inquiète que la modulation des frais de garde ait l’effet de «retourner» les femmes à la maison.

«Ce n’est pas vrai que rester à la maison, c’est un choix seulement financier, affirme la jeune mère, dans sa résidence de Repentigny. Moi, j’avais cet appel-là, j’avais envie d’être auprès de mes enfants. J’ai fait ce choix parce que ça me passionnait plus qu’une carrière.»

Maude a décidé de rester au foyer après avoir eu un certificat en administration, alors qu’elle et son con­joint planifiaient un troisième enfant. Pendant que son petit Antoine, au­jourd’hui âgé de trois ans, s’amuse dans le salon, elle jure n’avoir aucun regret.

Épanouies autrement

Son époux et elle ont dû faire plusieurs sacrifices pour que la famille vive sur un seul salaire, mais Maude affirme qu’elle est beaucoup plus heureuse et épanouie de cette façon. Le mot-clé : le choix, martèle-t-elle.

Même son de cloche du côté de Marie-Ève Gagné, une jeune mère au foyer de 29 ans, habitant à Saguenay.

«On n’est pas mal à la maison! ironise-t-elle. Mais j’avoue que je me sens un peu comme une extraterrestre. Le travail est tellement valorisé, ce n’est pas facile.»

Des jeunes femmes comme Maude et Marie-Ève, qui font le choix de rester à la maison avec leur diplôme en poche, la sociologue Annie Cloutier en a rencontré plusieurs pour son projet de maîtrise. Elle-même maman au foyer et féministe, l’auteure de Aimer, materner, jubiler – L’impensé féministe au Québec remet en question la vision féministe «dominante» au Québec. «Il y a un énorme accent sur le fait que le travail rémunéré est le seul moyen d’émancipation pour les femmes», déplore-t-elle.

 
 
 
 
 
 
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