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L'Isle-Verte

Le chef pompier malmené

Le chef pompier malmené

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Téléavertisseur défectueux, actions dangereuses et décisions controversées: le chef pompier de L’Isle-Verte, Yvan Charron, a témoigné dans la tourmente mardi, alors qu’il a dû essuyer de sévères critiques.

Yvan Charron a attendu d’être arrivé à la Résidence du Havre vers 00h40, avant d’appeler des renforts, et ce, parce qu’il croyait que tous les résidents seraient déjà évacués.

«Je n’avais pas dans la tête que c’était la nuit et qu’ils étaient drogués», a affirmé le chef pompier Yvan Charron, sous serment, à l’enquête publique de la tragédie de L’Isle-Verte qui a fait 32 victimes.

Par le passé, l’officier des pompiers de L’Isle-Verte avait réalisé un exercice d’évacuation à la résidence qui avait été réussi en un peu plus de six minutes. «J’avais dans la tête que tous les résidents allaient être dehors», a-t-il confié.

Puis, il a soutenu ne jamais avoir reçu la première alerte sur son téléavertisseur, admettant qu’il avait des problèmes avec les «pagettes» de son équipe depuis deux ou trois mois. Il a reçu le message environ à 00h30, au moment où le feu a été confirmé, croit-il.

Et, le chef de L’Isle-Verte n’a pu affirmer le nombre exact de pompiers de son unité qui se sont présentés pour combattre le feu.

Durement critiqué

Le coroner Cyrille Delâge, qui est à la tête de cette commission, n’a pas été tendre envers le chef Charron, le sermonnant pour le manque de formation des troupes et l’absence d’un poste de commandement la nuit du drame.

Il a d’ailleurs affirmé que, lorsqu’il y a un feu sans poste de commandement, les pompiers deviennent alors une partie du problème.

Lorsque Yvan Charron a souligné au coroner qu’il «connaissait ses limites» et qu’il n’y avait «pas de flammes» lorsqu’il a pénétré dans la résidence sans un appareil respiratoire, Cyrille Delâge lui a rappelé que ce «n’est pas la flamme qui tue».

De plus, le commissaire croit que pour sa propre sécurité, le chef Charron devrait faire valider son pedigree afin de vérifier s’il est toujours admissible à la clause «grand-père», lui permettant d’être directeur officier sans formation modernisée. Le coroner Delâge en doute beaucoup.

L’exemple à montrer

Par ailleurs, les directeurs officiers formés des casernes de Saint-Éloi et Saint-Paul de la Croix, venus en renfort au moment de l’incendie, onttous les deux signifié qu’ils n’auraient pas fait les mêmes choix que le chef Charron.

Normand Morin, le chef de la caserne de Saint-Éloi, s’est notamment dit surpris que les pompiers de Isle-Verte n’aient pas leurs appareils respiratoires. «En tant que directeur, je dois montrer l’exemple», a-t-il ajouté.


«
J’étais incapable de la sortir avec la fumée»
– Jean-Guy Côté,
un pompier de L’Isle-Verte dont la mère, Noella Pettigrew, est décédée dans sa chambre 207
«
Ça aurait pu être une bonne chose, je ne peux pas nier»
– Le pompier de L’Isle-Verte Jean-Yves Dubé,
67 ans, parlant de l’absence d’un poste de commandement
«
On a trouvé quelqu’un. Il disait : laissez-moi mourir. On ne l’a pas écouté»
– Gino D’Auteuil,
pompier de Saint-Paul-de-la-Croix qui a participé à l’évacuation de la phase 2
«
J’ai vu sortir des tisons à la hauteur du stationnement, vis-à-vis de la cuisine»
– Aline Bourgoin,
voisine de la résidence qui croit que le feu a pris au rez-de-chaussée
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