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Sept-Îles

Une citoyenne fond en larmes devant le maire

Suzie Beaudry a lancé un cri du cœur au maire de Sept-Îles, lundi soir, en lui demandant d’être plus sensible aux difficultés économiques vécues par plusieurs travailleurs miniers de sa ville.
Photo TVCOGECO Suzie Beaudry a lancé un cri du cœur au maire de Sept-Îles, lundi soir, en lui demandant d’être plus sensible aux difficultés économiques vécues par plusieurs travailleurs miniers de sa ville.

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Une Septilienne a fondu en larmes devant le maire de Sept-Îles, en pleine séance publique du conseil municipal, lundi soir. Comme bien d’autres, son mari perdra son emploi à la minière Cliffs sous peu et Suzie Beaudry ne se sent pas soutenue par le maire de sa ville natale, qu’elle a l’impression de voir dépérir.

En mars, des milliers de citoyens de Sept-Îles ont marché en faveur du projet de Mine Arnaud. Le maire, Réjean Porlier avait choisi de ne pas prendre part à la mobilisation, puisqu’il juge que le projet n’est pas acceptable sous sa forme actuelle. Le reste des élus du conseil ne partage pas son point de vue. « À un moment donné, je peux comprendre que vous désirez faire cavalier seul de votre bord, mais ciboire, vous avez du monde qui vont crever de faim dans un an, parce que des jobs, il n’y en a plus », a lancé Suzie Beaudry au maire, larmoyante, lors de la séance du conseil municipal lundi soir.

« J’ai 41 ans, et hier soir, c’est la première fois de ma vie que j’ai utilisé mon droit de vote pour me permettre d’aller chialer », a dit M. Beaudry au Journal, au lendemain de son plaidoyer.

Résidente de Sept-Îles, Mme Beaudry est allée lancer un cri du cœur au maire lors de la séance du conseil municipal de lundi soir. « Plutôt que d’envoyer une lettre au ministre de l’Environnement pour lui dire qu’il n’en veut pas de Mine Arnaud, pourquoi il n’envoie pas une lettre pour dire : regardes, parmi mes citoyens j’ai 350 employés syndiqués qui ont perdu leur emploi, plus les cadres et les emplois indirects», s’est-elle insurgée.

Retour en 1980

Originaire de Sept-Îles, la famille de madame Beaudry pourrait devoir quitter la région à la recherche de travail. « Je risque de devoir annoncer à mes deux plus jeunes : mes chéris, on fait nos boîtes et on s’en va où papa à de la job », a-t-elle mentionné avec émotion. Avec le prix du fer à la baisse, Suzie Beaudry croit que les chances que son mari trouve un autre emploi dans une minière sont minces.

La mère de famille envisage même devoir laisser la maison à son fils aîné qui est sur le marché du travail. « Parce qu’on ne pourrait même pas la vendre la maison. Le marché est inondé présentement », a-t-elle souligné. La situation économique de Sept-Îles actuelle rappel à Mme. Beaudry la sombre époque des années 80, où une crise avait durement frappé la région. « J’ai connu une époque où les blocs appartements ont été placardés avec du « plywood », des maisons redonnées aux banques, où des collègues de mon père qui travaillaient sur la construction s’en aller à l’extérieur pour réussir à faire vivre leur famille...Présentement, je ne tripe pas », s’est-elle remémorée.

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