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Ferguson

Cendres, débris et désolation

L’église du pasteur de la famille de Michael Brown aurait été incendiée par des suprémacistes blancs

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FERGUSON, Missouri | Les événements de Ferguson font remonter à la surface des problèmes de tensions raciales qui paraissent quasi insurmontables. Le pasteur de la famille de Michael Brown en a fait l’horrible constat. Sa propre église a été incendiée.

«Je n’aurais jamais pensé que des résidents de la communauté pourraient aller jusqu’à brûler une église», dit le pasteur Carlton Lee, dévasté, au milieu des décombres encore fumantes de son église.

Lundi soir, alors que la ville de Ferguson s’embrasait, l’église Flood Christian Church, qui se trouve en retrait des commerces qui ont été pillés et incendiés, a été ciblée.

Par les émeutiers? «Non, par un groupe de suprémacistes blancs qui voulaient me punir pour mon soutien à la famille Brown», affirme le pasteur de 31 ans.

Étrange coïncidence, le jour avant les émeutes, le pasteur Lee a baptisé le père de Michael Brown en ces lieux.

«J’ai reçu 71 menaces de mort depuis trois mois parce que je défends publiquement la famille Brown. Ce sont les mêmes personnes qui ont fait ça», dit-il.

Une enquête fédérale a été ouverte pour déterminer la cause de l’incendie.

Communauté divisée

«Je me sens comme si j’avais perdu mon propre enfant, dit-il, étouffant ses larmes. Notre communauté est plus divisée que jamais, il faut que ça change.»

Même si l’intensité des manifestations a diminué, les relations sont encore très tendues dans cette ville à majorité noire, où les policiers sont majoritairement blancs.

«La police ne nous écoute pas, c’est ça le plus gros problème», dit Carlton Lee.

À force de subir du profilage racial, la ­rage des adolescents de Ferguson a fini par exploser.

«Les adolescents afro-américains se font constamment interpeller par les policiers sans aucune raison», explique-t-il.

Carlton Lee dépeint un portrait bien différent de Michael Brown que celui dressé par le policier Darren Wilson. Il ne croit pas que c’est l’adolescent qui a agressé le policier en premier le 9 août dernier.

«Depuis le tout début de l’enquête, les autorités ont déshumanisé Michael Brown et l’ont faire paraître comme un voyou. Il était au contraire joyeux et non agressif».

Même si le policier n’a pas été inculpé, pour la famille Brown et son pasteur, le combat n’est pas terminé. «On va continuer à se battre pour que justice soit faite»

La neige a sûrement refroidi les ardeurs des manifestants à Ferguson. Après deux nuits plus mouvementées, ils étaient à peine une vingtaine devant le poste de police, hier soir. Aucun incident fâcheux n’a été déploré.

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