/finance/business
Navigation
Greenpeace

Les gros consommateurs de papier dans la mire de Greenpeace

File photo of Best Buy store is pictured in Westminster, Colorado
Photo Archives / Reuters Best Buy utiliserait pas moins de 100 millions de livres de papier annuellement.

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL – Le géant Best Buy fait l’objet d’une campagne de Greenpeace, qui dénonce le gaspillage de papier par l’entreprise américaine qui en utiliserait des quantités astronomiques, selon un rapport dévoilé mercredi.

L’organisation environnementale a sondé des entreprises d’importance dans le secteur du détail au Canada et au Québec pendant un an. D’après les résultats de l’étude, la production de circulaires de toutes sortes par Best Buy nécessiterait pas moins de 100 millions de livres de papier annuellement.

«Aujourd'hui, nous mettons en lumière le rôle que joue Best Buy dans le gaspillage flagrant de la forêt boréale, une circulaire à la fois», a affirmé Nicolas Mainville, directeur de Greenpeace au Québec et responsable de la campagne forêt qui a commenté l’étude.

Greenpeace a évalué les entreprises sous six critères, notamment l’utilisation de fibres recyclées, la protection de l’habitat des caribous ou l’impact sur la forêt boréale et sur les peuples autochtones.

Selon l’étude, Best Buy a signifié son intention de vouloir augmenter son utilisation de fibres recyclées, mais n’avait pas d’objectif précis. Sur la question de la protection du territoire, l’entreprise n’a pas répondu. Canadian Tire fait aussi pâle figure et se classe avant-dernier dans ce classement.

À l’inverse, d’autres géants comme Kimberly-Clark, Office Depot, HP, Proctor and Gamble et Dell se classent avantageusement dans la liste.

Campagne et pétition

L’organisation a lancé également une campagne «Best Buyers?» qui comprend une pétition adressée au PDG de la compagnie, le Français Hubert Joly, l’appelant à adopter une politique responsable d’approvisionnement de papier, poursuit Greenpeace.

«Avec le Black Friday et les Fêtes, nous entrons dans une période de frénésie commerciale. Selon nous, il est important que les consommateurs interpellent Best Buy sur ses politiques d’approvisionnement de papier car ça provient de la forêt boréale. Ça nous touche directement», a affirmé M. Mainville.

Pour produire ses circulaires, Best Buy s'approvisionne auprès de Produits forestiers Résolu, une société forestière avec laquelle Greenpeace est à couteaux tirés. L’an passé, l’entreprise forestière avait déposé en Ontario une poursuite de 7 millions $ pour diffamation.

Greenpeace a dénoncé cette poursuite et l’apparente à une poursuite-bâillon qui a été enregistrée en Ontario, là où il n’y a pas de loi contre les poursuites abusives, comme au Québec.

L’organisation a dévoilé la semaine dernière que Resolu a aussi fait appel à la firme de relations publiques Edelman, la même qui conseille TransCanada pour son projet controversé du pipeline Énergie-Est.

Greenpeace affirme ne pas vouloir stigmatiser Best Buy mais souhaite au contraire sensibiliser les dirigeants, mais aussi les consommateurs.

«Best Buy peut faire beaucoup mieux en renforçant ses politiques d'utilisation et d’approvisionnement de papier et en évitant de faire affaire avec des compagnies forestières irresponsables», a conclu M. Mainville.

Commentaires