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Les Québécois déconsomment de plus en plus

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Photo Reuters

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Les Québécois renoncent de plus en plus à acheter des produits ou des services dont ils estiment ne pas avoir besoin. Ce faisant, ils agissent en déconsommateurs.

«Une vision de la consommation responsable plus axée sur la «réduction» de la consommation s’est progressivement imposée dans l’esprit des Québécois», a affirmé Fabien Durif, professeur au Département de marketing de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM (ESG UQAM).

L’Observatoire ESG UQAM de la consommation responsable (OCR) a publié mercredi son baromètre 2014 de la consommation responsable. Il en ressort que depuis 2010, ce sont les comportements liés à la déconsommation qui ont le plus augmenté.

L’Indice de la déconsommation a augmenté de 3,6 points, passant de 67,2 en 2010 à 70,8 cette année. Au cours de la dernière année, deux Québécois sur trois (65 %) ont notamment renoncé à l’achat de produits dont ils n’avaient pas réellement besoin.

«Aujourd’hui, pour 82,7 % des Québécois, consommer de manière responsable, c’est avant tout renoncer à acheter des produits ou des services dont ils n’ont pas besoin. Ceci représente une évolution de 10,6 points», a observé M. Durif, qui est le directeur de l’OCR.

L’étude fait ressortir la popularité croissante des façons alternatives de consommer, notamment de faire plus de choses par soi-même, en particulier la cuisine (56,8 %).

Les Québécois sont aussi sensibles à l’option de redonner une deuxième vie aux objets, alors que plus de 38,9 % estiment avoir fait des efforts en ce sens.

Dans l’ensemble, même si l’Indice de consommation responsable a peu évolué depuis 2010 (en hausse de seulement 1,1 point), les consommateurs sont prêts à réévaluer leur mode de vie afin d’accroître leur niveau de consommation responsable, est-il estimé.

Développement durable

Fait à noter, le scepticisme des consommateurs envers les acteurs du développement durable n’a jamais été aussi important.

Le directeur de l’OCR affirme que le niveau de confiance des Québécois sur cet aspect a chuté sur différents plans.

«Les citoyens se méfient de plus en plus de l’engagement des entreprises en matière de développement durable. En cinq ans, cet indice de confiance a été retranché de 18,9 points», a souligné M. Durif.

Les consommateurs se montrent également sceptiques envers les publicités environnementales que font les entreprises sur leurs propres produits ou services. En 2010, ils étaient 30,7 % à leur faire confiance et en 2014, ils sont à peine 16,4 %.

Faits saillants

• Les Québécois âgés de 45 à 64 ans demeurent la génération la plus responsable (Indice de consommation responsable (ICR) de 66,7);

• Le segment des consommateurs les plus responsables représente 15,2 % de la population (ICR de 80,7);

• En 2014, l’écart des comportements de consommation responsable entre les hommes et les femmes est de 1,1 point contre 4,7 points en 2010;

• Le recyclage est le comportement de consommation responsable le plus pratiqué par tous les Québécois et ce depuis 2010 (ICR de 84,8 %);

• En 2014, les produits locaux s’imposent dans les paniers d’achats des consommateurs.

• Deuxième comportement le plus pratiqué au Québec, la consommation locale s’est implantée (2,0 points depuis 2010) et concerne tous les Québécois, des plus responsables aux moins responsables;

• Pour leurs choix de produits/services responsables, seulement 13,4 % estiment prendre souvent en considération les certifications responsables, qui sont pour la plupart méconnues;

• Depuis 2011, Cascades est à la fois la marque et l’organisation perçue comme étant la plus responsable par les Québécois.

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