/misc
Navigation

Quand les interactions humaines se numérisent

Coup d'oeil sur cet article

Avec d’autres collègues comme Martin Lessard, j’ai participé en novembre dernier au colloque Vivre à l’ère numérique : Transformation du lien social, l’espace public et de la vie privée. Devant plus de 250 personnes réunies par l’Association des Trésorières et Trésorier des instituts religieux, j’y ai présenté une conférence intitulée De l’alphabet à l’informatique : Le poids croissant de l’information dans les relations humaines. J’avais promis aux participants l’enregistrement audio de ma conférence. Tant qu’à faire, je le rends disponible à tous. Bonne écoute.

De l’alphabet à l’informatique : Le poids croissant de l’information dans les relations humaines 

Écouter l'enregistrement de cette conférence avec ce lecteur
ou cliquer-droit ici pour télécharger sur votre ordi, mobile ou baladeur

 

1 minute 40 secondes : Après les techniques de l’alphabet, puis de l’imprimerie, l’informatique augmente spectaculairement nos capacités humaines de manier les symboles servant la pensée et la communication. C’est pourquoi l’informatique s’immisce dans tous les domaines de la vie sociale. L’informatique matérialise aussi nos rapports humains.

 

7 min 55 s : Difficile de rater l’existence du Dossier santé Québec, une infostructure qui, une fois complétée, pèsera quelque trois quarts de milliards de dollars et a déjà fait l’objet de trois projets de loi et et dont les choix de conception techniques ont forcé l’abolition d’un principe et d’une norme légale faisant consensus, à savoir : le consentement des patients à la communication des informations personnelles les concernant.

 

12 min 33 s : L’ordinateur est une machine universelle, c’est-à-dire capable d’exécuter n’importe quel algorithme (ou programme) sur n’importe quelle information supportant n’importe quelle relation interpersonnelle. Un algorithme est tout simplement procédure méthodique décrivant pas à pas en termes non ambigus une suite finie d’instructions permettant d’arriver à un résultat.

 

15 min 15 s : L’informatique est en fait un sursaut d’une révolution qui a commencé il y a 6 000 ans avec l’écriture et ses premières technologies (système de notation alphabétique, hiéroglyphique, numérique).

 

22 min 46 s : Le premier effet de l’informatisation est la matérialisation croissante des rapports humains à travers des objets informations, objets programmes et objets machines. Malheureusement, une large part de cette matérialisation s’effectue désormais à des échelles microscopiques qui échappent à la perception directe de nos sens humains.

 

27 min 48 s : Trois autres effets de l’informatique : la normalisation des rapports interpersonnels supportés par l’information, leur intégration mutuelle – souvent transfrontalière —, et leur automatisation.

 

33 min 45 s : Un cinquième effet de l’informatique est la place croissante du calcul dans les rapports interpersonnels, et comment le calcul change les normes sociales qui sont de moins en moins fixes, et de plus en plus variables en fonction d’objectifs dont l’atteinte ou non est vérifiée par la production massive d’informations (statistiques) décrivant les réalités sociales.

 

35 min 53 s : Illustration avec la création du registre des baptêmes par le Concile de Trente...

 

40 min 30 s : Illustration avec les pilules de médicament à microprocesseur capable de communiquer sans fil.

 

44 min 20 s : Illustration avec les décisions relatives aux propriétés d’Internet.

 

48 min 25 s : Le défi démocratique exige :

 

 

 

 

 

 

  • de collectivement apprendre à distinguer les dimensions des innovations informatiques qui impliquent l’exercice d’un pouvoir social ;
  • d’exiger des concepteurs à nous communiquer ces dimensions politiques de leurs d’une manière compréhensible, fiable et vérifiable ; et
  • de démocratiser ces innovations, soit en amenant leur délibération dans des institutions démocratiques existantes ; soit en développant la capacité des citoyens et de la société civile à participer aux instances nouvelles.

Sur le plan des moyens, cela exige de développer :

 

 

 

 

 

 

 

 

  • culture informatique et société;
  • une citoyenneté active des niveaux local jusqu’à international;
  • une expertise et une veille sociale publiques; et
  • une préférence pour des technologies ouvertes.

 

 

53 min 47 s : Conclusion. Nous ne sommes qu’au seuil de la révolution numérique. L’éventail des types d’interactions sociales possibles et des types de répartitions des pouvoirs entre acteurs que l’informatique peut supporter ou interdire demeurent quasiment infinis. Il nous appartient donc de nous donner les moyens de façonner notre propre monde informatisé en réinventant la démocratie elle-même.