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Le comité de survie interpellera le Parlement

La filière forestière de la Côte-Nord en péril

Le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, et la présidente de la Chambre de commerce de Manicouagan, Nancy Leblanc, ainsi que le directeur de la CRÉ Côte-Nord, Claude Dahl, et le président du syndicat, Pierre Richard, continuent de multiplier les démarches pour éviter la fermeture de deux machines à la papetière de Baie-Comeau.
Photo Charlotte Paquet Le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, et la présidente de la Chambre de commerce de Manicouagan, Nancy Leblanc, ainsi que le directeur de la CRÉ Côte-Nord, Claude Dahl, et le président du syndicat, Pierre Richard, continuent de multiplier les démarches pour éviter la fermeture de deux machines à la papetière de Baie-Comeau.

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La Côte-Nord ne lâche pas prise. Devant les risques imminents d’effondrement de sa filière forestière, si rien n’est fait pour empêcher la fermeture de deux machines de la papetière de Baie-Comeau, le comité de la crise forestière nord-côtière se transportera au Parlement de Québec, mardi, pour marteler son message.

Faut-il rappeler que Produits forestiers Résolu (PFR) doit fermer l’une de ses trois machines à papier pour une période indéterminée, dimanche. Une deuxième subira le même sort le 12 décembre. Au total, ce sont une centaine d’emplois qui disparaîtront. Ils s’ajouteront à la centaine d’autres perdus par la fermeture d’une première machine à papier, il y a un an. C’est dramatique pour Baie-Comeau, la Manicouagan et l’ensemble de la Côte-Nord.

Au moins quatre maires des MRC de la Manicouagan et de la Haute-Côte-Nord défendront leur industrie forestière à Québec. Parmi eux, la mairesse de Forestville et présidente de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de la Côte-Nord, Micheline Anctil.

La tordeuse, une priorité

Trois éléments nuisent actuellement aux industriels de la forêt. Leur priorité demeure la mise en place de mesures pour les aider à récupérer le bois affecté par la tordeuse du bourgeon de l’épinette. «Il n’y a personne qui demande du bois gratuit. On demande de l’aide pour récupérer le bois affecté avant qu’il ne soit trop tard», a insisté le directeur général de la CRÉ, Claude Dahl, en conférence de presse, vendredi matin.

Les questions du coût de la fibre, très élevé en région, et des approvisionnements en bois sont les deux autres éléments où le bât blesse. Le comité de survie souhaite des actions du gouvernement. «On est entourés d’arbres et de la forêt, mais on dirait qu’elle n’est jamais disponible», ajoute M. Dahl, qui réclame une hausse des approvisionnements.

Des chiffres révélateurs

Si PFR ferme deux machines à papier, c’est sa fermeture complète qui suivra peu de temps après, craint-on dans le milieu. Or, en région, l’entreprise génère annuellement 122 M $ d’investissements à elle seule. Quant à la filière forestière de la Côte-Nord, elle laisse 300 M $ chaque année dans l’économie, martèle Nancy Leblanc, présidente de la Chambre de commerce de Manicouagan. Un emploi perdu à la papetière, c’est trois autres emplois affectés dans le milieu, rappelle-t-elle aussi.

Toute la Manicouagan est d’ailleurs conviée à une activité de mobilisation majeure, lundi, de midi à 13 h, à l’intersection du boulevard Laflèche et de la rue de Bretagne, à Baie-Comeau. Les commerces sont aussi invités à fermer leurs portes pendant une heure afin que patrons et employés y participent. Jusqu’à maintenant, 80 marchands ont répondu oui à l’appel lancé par la Chambre de commerce.

Par cette fermeture temporaire des commerces, l’organisme veut démontrer que les fermetures définitives attendent le milieu des affaires si PFR va de l’avant avec l’arrêt de ses deux machines à papier pour une période indéterminée. «C’est l’image que nous voulons envoyer», souligne Mme Leblanc.

À Sacré-Cœur en Haute-Côte-Nord, l’entreprise forestière Boisaco cessera aussi ses opérations lundi midi pour participer à un rassemblement devant l’église du village. C’est la preuve que ce qui se passe actuellement dans l’industrie touche l’ensemble de la région.

Rongés par l’inquiétude

À l’intérieur de la papetière, les travailleurs n’en mènent pas large. Ils sont rongés par l’inquiétude. Une partie d’entre eux se préparent à plier bagages dimanche.

«On vit d’espoir d’une semaine à l’autre», admet Pierre Richard, président du Syndicat des employés de Produits forestiers Résolu, à Baie-Comeau, en référence à des annonces attendues de la part du gouvernement. Les travailleurs viennent d’ailleurs de recevoir une autre mauvaise nouvelle en apprenant un nouveau délai dans le dépôt du rapport du Comité Initiative Côte-Nord, mis en place par Québec en septembre pour trouver des solutions à la réalité de l’industrie forestière. Ce dévoilement, qui devait se faire jeudi, est reporté à la semaine prochaine.

M. Richard mise beaucoup dans l’activité de mobilisation de lundi midi. «Il faut mobiliser notre monde pour descendre dans la rue. Il va falloir que le gouvernement nous entende et il va falloir que le débat sorte de la région», conclut-il.

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