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St-Césaire

Les morts feront place aux élèves

Plusieurs citoyens de St-Césaire devront être expropriés

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Courtoisie Quand ils ont manifesté pour l’agrandissement de l’école primaire, Marie-Josée Forget et ses enfants étaien­t loin de se douter qu’ils allaient être expropriés.

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St-Césaire en Montérégie devra exproprier une quinzaine de familles et un salon funéraire pour agrandir son école.

«Depuis que je sais que je vais être expropriée, j’ai de la misère à m’endormir le soir», raconte Marie-Josée Forget, qui habite à deux pas de l’école avec ses enfants et sa mère.

«Je ne suis pas fâchée, poursuit-elle, mais ça me fait de la peine.» Elle dit s’être installée à cet endroit justement à cause de la proximité de l’école.

Ironiquement, la mère de famille faisait partie des 200 personnes qui ont manifesté le 16 novembre pour demander une nouvelle école afin d’éviter que des enfants soient scolarisés dans une autre municipalité.

«Ma fille a buché fort pour rénover sa maison, raconte sa mère, Micheline Tétreault. Puisque leurs économies y sont passées, pas question d’acheter une maison plus dispendieuse ou tout sera à refaire.

Quoi qu’il arrive, Mme Forget et sa mère veulent demeurer à Saint-Césaire, pour que ses enfants de 1re et 3e années puissent rester auprès de leurs amis.

St-Césaire manque de terrains et devait trouver une solution afin de loger les 175 élèves supplémentaires qui fréquenteront l’école primaire dans les prochaines années. La municipalité a surpris bien des gens en procédant par expropriation. Quelques jours avant de prendre sa décision, le maire Guy Benjamin avait pourtant dit qu’il ne procéderait pas à une expropriation.

Alzheimer

Une des personnes qui seront expropriées, Mme Boucher épaule son mari souffrant de la maladie d’Alzheimer. Elle ne s’attendait pas à déménager. «S’ils veulent qu’on parte pour le début juin, ça nous laisse pas grand temps pour se revirer de bord», déplore-t-elle. Elle comprend la nécessité d’agrandir l’école, mais se serait bien passée de ce chamboulement.

Les morts déménagent

«Ça fait plus de 100 ans qu’il y a un salon funéraire sur la rue St-Paul, mentionne son propriétaire Daniel Desnoyers. Tout ce qu’il espère c’est que la Ville lui trouvera un terrain où il pourra bâtir un complexe équivalent.

«Ce qui est agaçant c’est l’incertitude, parce que rien n’est encore décidé et si jamais on doit bouger, ça devra se faire très vite.»

Le maire Benjamin signale qu’il n’y aura pas d’expropriation tant que le ministère de l’Éducation n’aura pas approuvé le projet. Toutefois, la Ville doit se parer à toute éventualité.

Au cours des prochains jours, des évaluateurs visiteront les 10 immeubles qui risquent d’être expropriés. M. Benjamin estime qu’en considérant les blocs appartements, une quinzaine de ménages seront touchés.

«On va tout faire pour rendre ça le plus civilisé et le plus transparent possible», assure-t-il, en précisant que les locataires seront eux aussi considérés.

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