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Régime forestier

Les travailleurs forestiers s'appauvrissent

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Photo Archives / Agence QMI

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Faute de bois à scier, des installations ferment leurs portes pour une partie de l'année. Il s'agit d'une conséquence du nouveau régime forestier, mis en place il y a deux ans, a conclu la centrale syndicale Unifor.

Les travailleurs forestiers perdent leurs avantages sociaux et les employeurs ne peuvent profiter d'un boom de construction américaine. Le quart des droits des forêts publiques a été mis aux enchères pour générer un maximum de valeur, l'accès à la ressource est rendu difficile et les approvisionnements manquent.

Et ce sont les travailleurs qui en paient le prix, a soutenu Renaud Gagné, directeur adjoint de la centrale syndicale.

«On a amputé la partie du bois mise aux enchères de nos conventions collectives», a-t-il affirmé. «Des gens travaillent deux jours chez Résolu, pour ensuite passer de l'autre côté, au Bureau de mise en marché des bois, le reste de la semaine. Il n'y a plus d'assurance ou de régime de retraite. Le travailleur est aux ‘normes du travail’, il maintient son salaire horaire, mais il perd tous ses avantages.»

Le Bureau de mise en marché des bois n'arrive pas à alimenter l'industrie assez vite, a ajouté le syndicaliste. «La planification a fait défaut. Le gouvernement n'a peut-être pas assez de ressources. Nous en subissons les contrecoups. Nous avons fait des manifestations pour que le ministère dégage des secteurs d'intervention, pour être capables d'entrer en forêt.»

Pourtant, selon le Forestier en chef, la marge de manoeuvre existe. Environ 56 millions de mètres cubes de bois n'ont pas été coupés de 2008 à 2013. Là-dessus, environ 36 millions sont exploitables.

Menace de grève

En attendant que le dossier débloque, les syndiqués déterrent la hache de guerre. Ils ont le droit de rouvrir les conventions collectives et de voter pour la grève.

«S'ils ne réagissent pas, nous allons paralyser le secteur forestier», a menacé Renaud Gagné. «Nous aimerions mieux des mesures [correctives] administratives et législatives, mais le gouvernement ne donne pas d'indication qu'il le fera.»

Argent n'a pas été en mesure d’obtenir les réactions de Québec à ce sujet.

Un conflit de travail pourrait toucher 2000 travailleurs.

Une industrie mal en point

«Quand des entreprises comme Résolu ferment des usines, nous trouvons cela dommage que les négociations traînent», a lancé M. Gagné.

L'industrie va si mal qu'elle n'a investi que 390 millions $ depuis deux ans au Québec, contre 843 millions $ au Nouveau-Brunswick.

Il est urgent de dégager des volumes de bois, estime Sylvain Roy, porte-parole du Parti québécois en matière de forêts. «Il y a un décalage entre l'approvisionnement et les besoins de l'industrie. On nous dit que la ressource est trop chère. Il faut que le ministre prenne ses responsabilités.»
 

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