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Jean Béliveau

10 leçons de vie d’un vrai gentleman

Pour toujours, les Canadiens
Photo courtoisie, Classic auctions et d’archives

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Une légende nous a quittés mardi soir et, évidemment, les hommages fusent de toutes parts. Ce qui revient sans cesse, c’est à quel point Jean Béliveau était un gentleman, un homme de cœur.

Voici quelques exemples qui en font la démonstration.​

1- Prendre soin de son image (et de celle de son équipe)

Ses coéquipiers chez le Canadien n’étaient pas tous des anges et il leur arrivait parfois de faire la fête lors de séjours à l’étranger. Les murs et les meubles de l’hôtel Bismarck de Chicago peuvent en témoigner. Mais lorsque l’équipe quittait un hôtel et que les joueurs laissaient beaucoup de dégâts derrière eux, Béliveau allait voir le directeur de l’endroit pour lui dire de faire la liste des dommages et de lui envoyer la facture. Il envoyait lui-même un chèque pour régler le tout, avant d’aller demander aux fautifs dans le vestiaire de payer leur part.

2- Bien s’appliquer en signant des autographes

À l’instar de Maurice Richard, Jean Béliveau s’appliquait soigneusement lorsqu’il signait un autographe. Chaque lettre de son nom et son numéro étaient visibles. Cela n’était pas un hasard. Il était important pour l’ancien no 4 que les gens puissent bien lire ce qui était écrit. Il répétait souvent que, comme les gens prenaient la peine de venir le voir, il avait le devoir de faire en sorte qu’ils en gardent un précieux souvenir.

3- Être accessible pour les fans

Vous vouliez parler à Jean Béliveau? Rien de plus simple. Son nom était dans le bottin téléphonique et on pouvait le demander en appelant au 411 jusqu’à la toute fin. M. Béliveau n’était pas capable de dire non et était on ne peut plus accessible pour ses admirateurs. Même lorsqu’il a quitté sa maison pour un condo, il a tenu à garder le même numéro de téléphone, ce qu’il a fait pendant 51 ans.

4- Répondre personnellement à son courrier

M. Béliveau a occupé le poste de vice-président des affaires sociales du Canadien après sa retraite de joueur, et ce, jusqu’en 1993. Même s’il ne travaillait pas le week-end, il était à son bureau du Forum chaque samedi matin dès 8 h afin de répondre personnellement à toutes les lettres qui lui étaient adressées. Il pouvait évidemment y passer des heures.

5- Aider son prochain

Lorsque Guy Lafleur s’est amené avec le Canadien, en 1971, Jean Béliveau venait tout juste d’accrocher ses patins. Il a hébergé le jeune Lafleur pendant deux semaines, le temps que celui-ci se trouve un appartement. Comme Lafleur portait le numéro 4 dans les rangs juniors à Québec, il aurait été logique qu’il le garde à son arrivée dans la grande ligue. Mais comme ce numéro était associé au grand Jean Béliveau et qu’il a rapidement été hissé dans les hauteurs du Forum, Lafleur a opté pour le numéro 10. De toute façon, le «Gros Bill» lui avait fortement suggéré de prendre son propre numéro. Il lui aura également conseillé de profiter de chaque instant, car une carrière, même si elle dure 20 ans, «passe très vite».

6- Être accueillant et chaleureux

Le chroniqueur au Journal de Montréal Marc de Foy a lui-même été témoin de la gentillesse de Jean Béliveau. Son défunt beau-père, Michel Dorion, avait en sa possession une photo où l’on voyait son frère Jean-Guy, un joueur de hockey et de balle molle qui avait eu la chance de disputer un match de balle molle contre les As de Québec à l’époque où Béliveau portait leurs couleurs. Il avait donc une photo des deux équipes et, à la fin des années 1990, il a voulu identifier tout le monde. Le journaliste a alors téléphoné à M. Béliveau pour savoir s’il avait l’intention de passer à son ancien bureau, car il y retournait souvent même s’il avait pris sa retraite. Sa réponse? «Non, mais que faites-vous en ce moment? Vous pouvez venir chez moi.» Et les deux hommes sont allés le rencontrer à son domicile. M. Béliveau et son épouse ont pu aider à mettre un nom sur tous les visages. M. Dorion est décédé le 9 février dernier, mais la photo des deux hommes prise sur le bord de la piscine de l’ancien grand capitaine du CH demeurera un magnifique souvenir pour toute la famille.

7- Garder la foi

Si le Canadien ne jouait pas le dimanche, Jean Béliveau se rendait à l’église le matin et il prenait le temps de jaser avec les gens sur le perron de l’église après la messe. Il rencontrait les partisans, discutait du match de la veille. Difficile d’imaginer une telle situation de nos jours.

Du temps de Béliveau, la messe était importante, voire obligatoire. Lorsque le Tricolore était à l’étranger et que l’équipe arrivait assez tôt, c’est lui qui organisait les sorties à l’église, que ce soit à Boston, Detroit ou New York.

8- Travailler fort

Jean Béliveau avait certes le talent pour réussir, mais il était bien conscient que cela n’était pas suffisant et c’est pourquoi il avait le cœur à l’ouvrage et était un travailleur acharné. D’ailleurs, le gagnant de 10 Coupes Stanley a gardé cette philosophie une fois ses patins accrochés, ne délaissant pas totalement le sport. Les journalistes l’apercevaient presque tous les midis – pendant une quinzaine d’années – en train de faire son jogging au deuxième étage du Forum, qui faisait le tour de la patinoire.

9- Toujours être à l’écoute

«Si vous avez un problème, ma porte est toujours ouverte.» C’est ce que Jean Béliveau disait à ses

coéquipiers. Il était à la fois psychologue, conseiller matrimonial et conseiller tout court. Il prenait le temps d’écouter et, si c’était nécessaire, il prenait aussi les moyens d’agir, peu importe la nature du problème de ses collègues dans le vestiaire.

10- Veiller sur ses proches

En 1989, la famille Béliveau a été marquée par un drame, alors que le mari de sa fille Hélène, un policier, s’est enlevé la vie. Dès lors, le patriarche s’est fait un devoir de veiller sur sa fille et ses petites-filles, Magalie et Mylène.

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