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Tarifs | STM

Augmentation des tarifs de la STM: l'autobus ou se nourrir

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Photo Christopher Nardi / Agence QMI Une trentaine de manifestants se sont présentés devant l'hôtel de ville le 3 décembre 2014 pour réclamer une tarification sociale après que la Société de transport de Montréal (STM) ait annoncé une nouvelle augmentation des tarifs en 2015.

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Alors que les tarifs de la Société de transport de Montréal (STM) augmenteront encore dès le 1er janvier, plusieurs Montréalais à bas revenu craignent de devoir réduire davantage leurs déplacements afin de continuer à survivre.

«Chaque fois que je voyage, c’est de l’argent, l’argent, l’argent, et c’est cher pour moi. Pour beaucoup de gens, 3.25 $ ne paraît pas comme un grand montant. Mais pour moi, c’est beaucoup d’argent», a confié au journal 24 Heures Bob, qui a préféré taire son nom de famille.

Dans son budget 2015 déposé la semaine dernière, la STM a annoncé que les tarifs bondiraient de 3.1 % en moyenne dès le 1er janvier prochain. Ainsi, une passe mensuelle coûtera 82 $ (était 79.50 $) et le prix d’un voyage passera à 3.25 $.

«J’ai un chien, et lorsque je dois dépenser davantage pour voyager, j’ai moins d’argent pour lui. En ce moment, je suis en mode survie, comme tous les autres ici», a continué Bob lors d’une manifestation contre la hausse des tarifs du transport collectif, mercredi matin.

«Avec tous les déplacements que je fais, ce 0.25 $ supplémentaire à chaque fois veut dire que ce sera une pinte de lait de moins par mois», a martelé une autre femme qui n’a pas voulu s’identifier.

Perte de mobilité

Une augmentation des tarifs de transport n’affecterait pas uniquement les finances des personnes à faible revenu. Leurs déplacements en sont également touchés, ce qui pourrait avoir des impacts significatifs sur leur santé.

«J’ai eu un cancer et je me sentais obligée de rentrer à pied après ma chimiothérapie avec mon mari, parce qu’au fur et à mesure que le temps avançait, les billets d’autobus devenaient trop chers», a déploré une manifestante, Carole Libion.

Selon les données du Mouvement collectif pour un transport public abordable, une personne qui travaillait au salaire minimum en 1980 devait consacrer 12 % de son revenu hebdomadaire pour un titre de transport mensuel. En 2012, ce taux avait bondi à 21 %.

«On constate que les gens sont pris chez eux. Avec les hausses, on continue à exclure ceux qui ne peuvent pas se payer le transport», de dire Jérémie Dhavernas, porte-parole du mouvement.

Tarification sociale

La solution aux problèmes de mobilité des Montréalais démunis serait une tarification sociale qui ajuste le prix du transport collectif au revenu du voyageur.

Les membres du Mouvement ont d’ailleurs salué l’ouverture de la Ville et de la Société de transport de Montréal (STM), alors qu’on leur a promis de former une table de concertation pour étudier le sujet en 2015.

«C’est loin d’être une cause perdue», a souligné M. Dhavernas.
 

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