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Décès de Jean Béliveau

Serge Savard: «Il était impossible de trouver quelqu'un qui ne l'aimait pas»

Jean Béliveau a toujours été proche des partisans du Canadien.
JOHN TAYLOR/JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI Jean Béliveau a toujours été proche des partisans du Canadien.

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Le décès de Jean Béliveau attriste grandement ses anciens coéquipiers, car c’était un homme apprécié de tous.

Voici quelques réactions qu’on avait obtenues ces derniers temps alors qu’on savait que l’ancien capitaine du Canadien éprouvait de sérieux ennuis de santé.

YVAN COURNOYER: «Il n’y a eu qu’un seul Jean Béliveau. J’ai amorcé ma carrière en jouant sur le même trio que lui, en compagnie de Gilles Tremblay.  Il me disait de me tenir derrière lui et qu’il allait me refiler le disque au moment opportun mais j’étais trop vite sur mes patins. Ça m’aurait pris un parachute! Jean était un homme que je qualifierais de parfait. Un excellent capitaine autant sur la patinoire qu’à l’extérieur. Je me souviens d’une série qu’on avait remportée contre les Red Wings en 1966. On avait perdu les deux premiers matchs de la finale à Montréal. Jean avait demandé à Sam Pollock, pour qui chaque cenne comptait, de lui fournir 300$ pour organiser un souper d’équipe à notre arrivée à Detroit. Jean avait donc eu la bonne idée de réunir les gars et nous avions remporté les quatre matchs suivants pour gagner la coupe.»

SERGE SAVARD: «L’une de mes plus grandes sources de fierté est d’avoir pu jouer durant quatre ans dans la même équipe que Jean. Il était l’un de mes joueurs favoris quand j’étais enfant en Abitibi. Je me souviens encore d’avoir écouté à la radio (je devais avoir six ou sept ans), la description de son premier tour du chapeau réussi dans l’uniforme du Canadien en 1952. Il venait d’être rappelé par le Canadien et les amateurs réclamaient sa présence à Montréal.
«J’avais choisi de jouer à la position de centre pour faire comme lui, avant d’être muté comme défenseur. Je voyageais souvent en compagnie de Jean-Claude Tremblay et de Jean Béliveau pour parcourir le trajet entre l’aéroport et le Forum. Que de souvenirs!
«J’ai aussi eu le privilège de l’avoir comme voisin de bureau pendant plusieurs années, du temps que je dirigeais le Canadien. Jean était le gentilhomme par excellence.
«Je crois qu’il est impossible de trouver quelqu’un qui ne l’aimait pas. Je me souviens que plusieurs partis politiques ont tenté de l’attirer avec eux. On lui a offert un poste de sénateur et même celui de gouverneur général mais il n’a jamais été intéressé par la politique.
«Il était encore un très bon joueur, à 40 ans, lorsqu’il a pris sa retraite en 1971. Il a été un grand leader, un formidable capitaine admiré de ses coéquipiers. Il était aussi respecté de ses adversaires. Je ne me souviens pas qu’il ait été la cible de coups déloyaux lors des années au cours desquelles j’ai joué à ses côtés.»

GUY LAFLEUR: «Je n’oublierai jamais notre première rencontre. J’avais 10 ans et j’avais réussi un tour du chapeau lors du tournoi pee-wee de Québec. J’ai une photo chez moi où on voit Jean Béliveau me mettre un chapeau sur la tête pour souligner l’exploit. Je suis ensuite demeuré chez Jean Béliveau et sa femme pendant deux semaines à mes débuts avec le Canadien. Ils étaient fort accueillants. Un gentilhomme. J’étais cet automne à un banquet en Ontario et tout le monde s’informait au sujet de son état de santé. Il fut un homme fort respecté à travers l’Amérique.»

KEN DRYDEN: «Jean Béliveau et moi avons été compagnons de chambre. Je commençais ma carrière avec le Canadien et il veillait sur moi, s’assurant que l’adaptation soit facile. Je me souviens que l’équipe allait à l’hôtel La Sapinière, dans les Laurentides. On a passé du bon temps ensemble. Il était le parfait capitaine.»

DICKIE MOORE: «Jean a été un grand joueur et un grand homme. Nous sommes toujours restés proches et j’allais le visiter régulièrement ces dernières années. C’était très difficile de voir sa santé dépérir ainsi. Il m’a confié récemment qu’il voulait mourir et je lui ai dit de ne pas lâcher prise. Nous étions devenus de bons amis avec le Canadien mais ce n’était pas le cas lorsqu’on jouait dans les rangs juniors. Jean me détestait parce que j’étais une petite peste. Je le frappais allègrement et il n’aimait pas mon côté belliqueux. Il me traitait de cinglé. On s’est bien amusé avec ça plus tard. Je n’ai cependant pas eu l’occasion souvent de jouer au sein du même trio que lui.»

HENRI RICHARD, qui est affligé par la maladie, a résumé Jean Béliveau en un seul mot: «Gentilhomme».

JACQUES DEMERS: «Je n’oublierai jamais le jour où j’ai été nommé entraîneur-chef du Canadien et que je suis passé au bureau de Jean Béliveau. Il était en train d’autographier des livres et il m’a souhaité la bienvenue en me soulignant que je faisais maintenant partie de la grande famille du Canadien. Il voulait que je l’appelle Jean mais j’en étais incapable tellement je le respectais. Lors de la conquête de la Coupe Stanley en 1993, il avait eu droit à une bague. Il en était fier. On a aussi passé de bons moments ensemble en 1997 lorsqu’il a agi comme chef de mission aux Jeux de Maccabiah en Israël. Je n’en revenais pas que les gens le reconnaissaient même là-bas.»

RÉJEAN HOULE: «J’ai eu le privilège d’être repêché par le Canadien en 1969 et d’avoir pu jouer dans la même formation que Jean Béliveau en 1970-71. C’était sa dernière saison mais ça ne l’avait pas empêché de terminer au premier rang des marqueurs de l’équipe. J’étais une recrue et je me souviens que j’avais de la difficulté à le suivre lors des entraînements. Je l’appelais monsieur Béliveau. Je n’étais pas capable de l’appeler Jean. Je suis allé le voir régulièrement chez lui à Longueuil. Il était comme un second père pour moi. Un individu d’exception. Plus grand que nature.»

GUY LAPOINTE: «Lorsque je pense à Jean Béliveau, ça me rappelle mon premier match dans l’uniforme du Canadien  le 27 octobre 1968 au Garden de Boston. C’était tellement spécial pour un p’tit gars de Montréal de se retrouver dans le même vestiaire que mon idole. Jean était assis en face de moi dans la chambre. Je n’oublierai jamais ce moment.»

YVON LAMBERT: «Jean était mon idole de jeunesse. Quand je fus échangé des Red Wings au Canadien en 1971, j’espérais participer au camp d’entraînement avec lui mais il a pris sa retraite. Je l’ai donc davantage connu à partir de 1994 lorsque j’ai commencé à travailler pour le Canadien. Il était au deuxième étage. Jean m’a beaucoup aidé dans mon projet de coffret de collection de sériegraphies sur les légendes du Canadien.»

- Avec la collaboration de l'Agence QMI

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