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Quelques suggestions de coffrets-cadeaux pour le temps des Fêtes

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Elle se sait adulée, vénérée. À raison, mais aussi un peu à tort. Voilà pourquoi elle se laisse aller parfois à des commentaires, qui n’hésitent pas à froisser les semeurs d’idées reçues ou ceux qui se complaisent à vivre par procuration, aux dépens de ce qu’ils prétendent idolâtrer.

Elle se sait adulée, vénérée. À raison, mais aussi un peu à tort. Voilà pourquoi elle se laisse aller parfois à des commentaires, qui n’hésitent pas à froisser les semeurs d’idées reçues ou ceux qui se complaisent à vivre par procuration, aux dépens de ce qu’ils prétendent idolâtrer.

Ainsi cette compilation soigneusement rassemblée par ses soins offre une vision tout autre de la Joni Mitchell de Blue, d’Our House, de la Lady of the Canyon. Exit le L.A. hédoniste de 1966-67, pour l’univers musicalement plus complexe du jazz, un mentor Charles Mingus, un géant Wayne Shorter, de jeunes loups nettement plus redoutables et incontrôlables dont Jaco Pastorius et Pat Metheny. Elle veut ébranler le mythe et construit la séquence des chansons dans un ordre ni chronologique ni convenu. Sur quatre CD, aux thématiques bien arrêtées, elle réfère surtout aux albums des années 80/ 90, souvent méconnus ou laissés pour compte tel Wild Things Run Fast, Chalk Mark In A Rain Storm, Night Ride Home, Travelogue avec orchestre symphonique. Oubliez Big Yellow Taxi, The Circle Game, Chelsea Morning, Woodstock. Elle n’a rien laissé au hasard; même une erreur dans la séquence des chansons, déjà parties sous presse, vaut aux fans qui n’ont jamais possédé un objet autographié de sa main, une petite note d’excuses expliquant pourquoi le montage au CD est différent de celui imprimé au dos du coffret. Elle accompagne le tout d’un livret explicatif de telle et telle chanson, qui risque de surprendre plus d’un fan. Contrairement aux anthologies les plus banales, où sont mélangées sans discernement le meilleur et le quelconque, rien de tel ici; cela s’écoute dans l’ordre et le désordre, attentif ou en sourdine, sans aucun effort. Un testament olographe authentique et un magnifique cadeau que l’on offre ou que l’on s’offre; puisqu’elle semble avoir mis un point final.


EN MAGASIN OU EN LIGNE MARDI
 
Daft Punk
Alive 1997 Alive 2007 importation
 
Hubert-Félix Thiéfaine
Stratégie de l’inespoir
 
Ghostface Killah
36 Seasons
 
J. Cole
2014 Forest Hills Drive
 
The Smashing Pumkins
Monuments to an Elegy
 
The Knife
Shaken-up
 
Govt’ Mule
Dark side of the mule
 
PRhyme
PRhryme

Bob Dylan & The Band | ★★★★1/2
The Basement Tapes Complete and Raw, The Bootleg series Vol. 11, Columbia/Legacy
L’impact de Dylan, sur la musique populaire américaine et particulièrement ce croisement particulier de folk/rock/country, est majeur. Particulièrement pour cette période devenue mythique de 1967, où il a réalisé ces enregistrements, retiré de la vie publique, après son accident de moto, coulant des jours heureux à Woodstock. On présente ici une version somptuaire en 6 CD et livret abondamment illustré et annoté. Ou en version plus économique qui sied peut-être mieux en cette période d’austérité. Tout d’abord, c’est la restauration à l’authentique de la parution de The Basement Tapes (1975), réalisé et porté surtout au crédit de The Band. Avec l’aide de Garth Hudson, claviériste, multi-instrumentiste et ingénieur de son principal de toutes ses sessions, échelonnées sur l’année, le tout remet en selle Dylan. On a donc retiré tous les overduds, omis le mix mono et l’ajout de réverbération additionnelle (ça sonne cru, très cru...), et inclus des prises alternatives et ajoutées de nombreuses inédites.
 
Captain Beefheart | ★★★★★
Sun Zoom Spark : 1970 to 1972 Rhino
«I like the records I did when I was on Warner Bros. I liked Warner Bros. A lot of people there were real nice to me. Some of them even understood me». Une déclaration pour le moins surprenante de la part d’un artiste, d’abord sculpteur, peintre puis musicien autodidacte et ami d’adolescence de Frank Zappa, véritable fondateur de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le rock actuel, incarné par Sonic Youth, The Residents, PJ Harvey, Pere Ubu, Nick Cave, Ween, Jon Spencer et bien sûr le plus connu de tous, Tom Waits qui lui rend un vibrant hommage dans le livret. Rhino y est allé d’un remastering de ses trois plus grands albums, tous fort différents, les plus appréciés de ses fans: Lick My Decals Off, Baby, The Spotlight Kid et Clear Spot. Un travail exemplaire, qui n’aura jamais sonné aussi bien pour en mettre plein la vue et les oreilles et saisir toute la vision musicale révolutionnaire de Don Van Vliet, mélangeant sans complexe free jazz (Flash Gordon’s Ape), blues rural primitif, rock. Un survol complet, avec en prime un CD d’inédites.
 
Les Introuvables coffret 3 | ★★★★★
Grands Auteurs Grands Acteurs, Jacques Canetti
Toujours dans cette série de disques parlés, ce coffret offre La Voix humaine, un monologue écrit par Cocteau, avec Simone Signoret, incarnant une femme, en conversation téléphonique avec son amoureux, rongée par l’angoisse de l’abandon et de la solitude. Intense. Sur un ton plus poétique et léger, des poèmes solites et insolites de Jacques Prévert, dits par Jeanne Moreau, Serge Reggiani, Annie Girardot, Simone Signoret, Richard Boringher ou Philippe Léotard. De toute beauté. Puis l’acteur Pierre Arditi, cousin des frères Canetti, lit l’Histoire d’une jeunesse d’Elias Canetti, prix Nobel de littérature, celle des minorités juives sépharades, des Balkans, entre l’influence des Allemands, des Russes et des Turcs, à l’aube de la Première Guerre mondiale. Récitation passionnante, sur des musiques composées et jouées par Eric Slabiak, des Yeux Noirs. Pour finir, Rapport pour une académie de Franz Kafka, où un homme, à la demande de membres de l’Académie, est invité à faire une conférence sur sa vie antérieure de singe. Un bijou de cynisme avec Michel Simon.
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