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Foxcatcher

Un tournage éprouvant

Du Pont (Steve Carell) voulait devenir un mentor et un entraîneur de lutte; il nageait en plein délire et avait la fortune pour soutenir ses folles ambitions.

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Ça a coûté très cher aux frères Schultz.

Ça a coûté très cher aux frères Schultz.

Les acteurs étaient de passage dans la Ville Reine en septembre dernier pour assister à la première de Foxcatcher dans le cadre du Festival international du film du Toronto. À cette ­occasion, Ruffalo et Tatum avaient ­révélé les épreuves qu’ils ont dû ­surmonter pour se glisser dans la peau des personnages.

Ruffalo, 47 ans, qui joue le frère aîné David Schultz, s’est appuyé sur son expérience de lutte au collège en Virginie pour l’aider à tenir ce rôle. La lutte a occupé une large part de son temps quand il était adolescent, a dit Ruffalo: «J’ai beaucoup appris sur la vie, sur l’adversité et les façons de la surmonter. J’ai aussi appris à être seul, à comprendre la vie de lutteur, la solitude qui en découle et le fait que la saison ne se termine jamais. Je me souviens de ne pas avoir pu manger de dinde à l’Action de grâce, parce que j’avais un combat quelques jours plus tard. De 13 à 17 ans, vivre ainsi, c’était intense. Et ces gars-là ont vécu ça toute leur vie.»

Quant aux exigences physiques, ­Ruffalo a dit en riant: «Je savais que je pouvais le faire, en théorie, jusqu’à ce que je doive le faire réellement, et là, l’image que je me faisais de moi-même a vite été rattrapée par la réalité.»

Farouchement émotif

Contrairement à ses covedettes, Channing Tatum, 34 ans, a eu la chance de pouvoir rencontrer et échanger avec son personnage, Mark Schultz, un homme qu’il décrit comme farouchement émotif.

«Il m’a dit vouloir faire mal à du monde afin de s’assurer de ne jamais être battu, une manière de se protéger», a dit Tatum.

«Je crois que c’est sa plus grande peur, celle d’être blessé. Il s’est fait une carapace et devenait vulnérable chaque fois qu’il laissait quelqu’un ­entrer dans sa vie.»

À tous les points de vue, Foxcatcher a été un tournage éprouvant.

«C’était difficile, a admis Tatum. Bennett [Miller, le réalisateur] nous tenait sur la corde raide entre tension et ­calme, il n’y avait pas de place pour le rire sur ce plateau. Toute l’équipe de tournage gardait son sérieux. Y être pendant une longue période n’a pas été de tout repos. C’était comme une sorte de méditation. Mark et du Pont se démènent péniblement à surmonter leurs angoisses personnelles.»

David, lui, est le personnage qui cherche à sortir les gens de leur noirceur. La chimie a vraiment opéré entre Ruffalo et Tatum sur le plateau, au point où les acteurs se considèrent maintenant comme des frères.

«Sept mois à faire de la lutte, à aller dans ce gym chaque jour, je ne sais pas, je ne crois pas qu’il existe beaucoup de monde avec qui j’aurais pu le faire. Ça rend tout simplement fou. Mais il [Mark] m’a rendu l’expérience tolérable.»

Tatum a mis de l’avant la responsabilité qui repose sur ses épaules du fait de jouer un personnage réel et vivant.

«Nous devions soutenir leur regard sur la ferme. J’ai eu l’occasion de ­regarder mon personnage droit dans les yeux, et je sais qu’il doit continuer à vivre après ce film. Je devais être à la hauteur de tout ce qu’il m’a partagé en toute confiance. Ça compte beaucoup, vous savez.»

 

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