/news/politics
Navigation
projet de loi 20

Le ministre Gaétan Barrette traité de «dictateur»

Le projet de loi 20 enrage toujours les médecins de famille du Québec

Coup d'oeil sur cet article

Gatineau | Le projet de loi 20 n’a pas fini de faire rager les médecins de famille du Québec alors qu’un haut-gradé de leur fédération va même jusqu’à traiter le ministre de la Santé Gaétan Barrette de « dictateur » et le projet en question de « misogyne ».

Le Dr Marcel Guilbault, administrateur au sein du Bureau de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, n’est pas tendre à l’endroit du ministre qui prévoit pénaliser les médecins de famille s’ils ne voient pas un nombre minimal de patients.

« Barrette est en train d’instaurer une dictature avec une prise de contrôle totale de la pratique médicale. C’est vraiment insultant et dénigrant. Son projet de loi est ridicule et se veut une véritable « claque dans face » pour les médecins de famille. »

Projet misogyne

Le Dr. Guilbault craint les impacts possibles d’un tel projet de loi, prévoyant un exode des médecins de famille vers le privé ou d’autres provinces.

« Il y a déjà des collègues au bureau qui m’ont dit que si ce projet de loi passe, ils s’en vont en Ontario », évoque celui qui est bien placé pour analyser la situation, car sa pratique se trouve à Gatineau et il est président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’Ouest du Québec.

Marcel Guilbault va même jusqu’à qualifier le projet de loi 20 de « misogyne » sous prétexte que la majorité des nouveaux médecins graduant des universités québécoises sont maintenant des femmes.

« Nous ne sommes plus à l’ère du 80 heures par semaine. Ces femmes veulent aussi avoir des enfants et elles cherchent davantage la conciliation entre travail et famille. Le ministre Barrette leur envoie un message négatif, plus personne ne voudra se diriger vers la médecine familiale. »

« Buzzer » Barrette

Des médecins de famille de Gatineau ont d’ailleurs joint le mouvement repris ça-et-là à la grandeur de la province en instaurant le « Buzzer Barrette », un geste symbolique où une alarme retentit moins d’une dizaine de minutes après le début d'une consultation.

Par ce moyen, les omnipraticiens souhaitent conscientiser la population aux conséquences de la proposition du ministre, car c’est à ce moment, en principe, que les consultations prendraient fin advenant l’adoption du projet de loi 20.

« Le ministre Barrette a un plan en tête au détriment de la qualité des soins aux patients. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre cette bataille », tranche le Dr Marcel Guilbault.

Le médecin invite le grand public à signer la pétition électronique visant le retrait du projet de loi 20 trouvée depuis mercredi sur le site de l’Assemblée nationale sous la rubrique « Exprimez votre opinion ». Les personnes intéressées ont jusqu’au 1er mars 2015 pour inscrire leur nom à la requête. Déjà plus de 6 500 signataires étaient enregistrés au moment d’écrire ces lignes.


 

Commentaires