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Aider les hommes... aussi

Il ne se passe pas une semaine sans que les médias ne rapportent les conséquences de la détresse de certains hommes

Thoughtful man
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À entendre un certain discours, les femmes seraient d’éternelles victimes d’hommes toujours agresseurs.

À entendre un certain discours, les femmes seraient d’éternelles victimes d’hommes toujours agresseurs.

Ce discours, misandre et misogyne, nous empêche de voir l’autre côté de la réalité, soit la vulnérabilité des hommes. Cet aveuglement nous empêche aussi de leur apporter l’aide dont ils auraient besoin.

Le psychologue Richard Cloutier (U. Laval), le travailleur social François-Olivier Bernard (U. Laval) et le sociologue Jacques Roy (AutonHommie) écrivaient récemment que «...lorsqu’un groupe de personnes est identifié comme étant plus à risque d’être affecté par un problème, on estime qu’il est nécessaire que des mesures soient prises pour limiter les dommages potentiels pour ce groupe et pour la communauté qui en assume les coûts».

Or, les hommes, en tant que groupe, sont victimes de nombreuses situations.

Dès la maternelle, les garçons sont plus aux prises avec des problèmes de santé physique et de bien-être, de compétences sociales, de développement cognitif et langagier et ont plus de difficultés à acquérir les habiletés de communication et de connaissances générales.

Ayant plus de difficultés à réussir à l’école, il est compréhensible qu’ils s’en désintéressent et qu’ils aient tendance à décrocher et à chercher leur valorisation à l’extérieur de l’école, mais pas nécessairement dans des endroits propices à leur épanouissement.

Selon les chercheurs cités plus haut, 83 % des cas placés sous garde à la suite d’une condamnation sont des adolescents mâles.

Dans les prisons du Québec, 91 % des personnes incarcérées sont des hommes, 94 % au Canada.

Les femmes dépriment davantage et font plus de tentatives de suicide que les hommes, mais trois suicides réussis sur quatre sont le fait des hommes.

Les hommes sont plus souvent victimes d’homicides dans une proportion de 74 %. Il faut dire aussi que 88 % des auteurs d’homicides sont des hommes.

Violence conjugale

Quant à la violence conjugale, les études de Denis Laroche (maintenant à la retraite) de l’Institut de la statistique du Québec ont démontré que les hommes en étaient aussi souvent victimes que les femmes, sauf pour les homicides intraconjugaux où les hommes se retrouvent l’auteur dans 75 % des cas.

Ce qui n’est pas le cas de la violence physique envers les enfants et des infanticides où la mère serait plus souvent l’auteure que le père et où deux enfants tués sur trois seraient des garçons.

Le psychologue Stéphane Guay, de l’Institut en santé mentale de Montréal, rapporte dans la revue Aggression and Violent Behavior que les hommes sont plus susceptibles d’être victimes de violence verbale et physique au travail que les femmes.

Les accidents mortels de la route touchent 2,4 hommes pour une femme. L’alcool est en cause chez deux fois plus d’hommes que de femmes.

Contrairement aux femmes, les hommes disposent d’un moins bon réseau de soutien pour faire face à leur détresse.

C’est ce qui a fait dire, en 2009, au rédacteur Michel Dongois de l’Actualité médicale que le ministère de la Santé et des Services sociaux avait abandonné les hommes en investissant 11 fois plus de fonds pour venir en aide aux femmes.

Les ruptures amoureuses affectent les hommes beaucoup plus que les femmes et augmentent leurs risques de dérives: dysfonctionnements de toutes sortes, alcool et drogue, burn out, paupérisation, suicide, familicide... Il ne se passe pas une semaine sans que les médias ne rapportent les conséquences de la détresse de certains hommes.

Il n’est point question ici de minimiser les dangers encourus par les femmes; on en parle déjà abondamment dans les médias et il faut continuer de le faire. Je veux plutôt signaler le fait que les hommes aussi peuvent souffrir et que cette souffrance ne doit pas être ignorée si l’on veut vraiment minimiser les dommages (et les coûts) générés par des comportements à risques.

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