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DGEQ

Un autre appel d’offres annulé

Le Directeur des élections du Québec obligé de recommencer le processus

vote par anticipation
Photos d’archives et prises d’écran Plusieurs clauses dans l’appel d’offres finalement annulé ont soulevé l’ire de plusieurs acteurs de l’industrie qui jugent que le DGEQ a fait preuve d’une « incompréhension du marché »

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Deux mois après avoir dû annuler un appel d’offres controversé qui favorisait une seule entreprise, le DGEQ vient d’en annuler un autre pour éviter d’être replongé dans la tourmente, a découvert notre Bureau d’enquête.

Deux mois après avoir dû annuler un appel d’offres controversé qui favorisait une seule entreprise, le DGEQ vient d’en annuler un autre pour éviter d’être replongé dans la tourmente, a découvert notre Bureau d’enquête.

En octobre, le directeur général des élections du Québec (DGEQ), chien de garde du processus électoral québécois, avait malhabilement déguisé un appel d’offres pour des services informatiques. Il avait inséré une clause (qualifiée de «farfelue» par nos sources) qui avantageait une seule firme.

Comme prévu, seule cette firme avait soumissionné et le DGEQ a finalement annulé l’appel d’offres.

Cette fois-ci, c’est un contrat qui concerne la «sélection d’une agence de publicité», pour un contrat de trois à cinq ans dépassant le million de dollars qui a fait grincer des dents.

Le problème, c’est que l’appel d’offres mentionnait que l’entreprise recherchée aura pour mandat d’assurer la promotion, le marketing, la conception web et des relations publiques, notamment. Or, très peu de firmes offrent à la fois des services de relations publiques et de publicité.

Le contrat actuel, de cinq ans, se termine en février. Il est réalisé par la firme Cossette, qui fait justement de la publicité et des relations publiques.

Si l’appel d’offres avait été divisé en deux ou avait permis la sous-traitance, plusieurs firmes auraient pu soumissionner en consortium. Mais la sous-traitance était interdite, étonnamment.

L’industrie a dû intervenir

Il a fallu des représentations de l’industrie pour forcer le DGEQ à modifier ses conditions et autoriser la sous-traitance. Mais plusieurs entreprises étaient déjà découragées et, finalement, le DGEQ a annulé l’appel d’offres le 24 novembre. Un nouvel appel d’offres sera lancé en janvier.

Le Centre des services partagés du Québec, l’Alliance des cabinets de relations publiques du Québec et l’Association des agences de publicité du Québec font partie les groupes qui se sont manifestés pour demander au DGEQ de revoir son appel d’offres, a-t-on appris.

Nouvel appel d’offres

«On va ouvrir davantage. On va favoriser la concurrence», a confirmé Sonia Fontaine, porte-parole au DGEQ, qui ajoute que l’organisme pourra ainsi «refaire (ses) devoirs de façon rigoureuse».

Selon elle, l’organisme souhaitait une firme capable d’offrir tous les services sous le même toit pour une raison «d’efficacité»

Le DGEQ estime que l’appel d’offres initial aurait pu attirer «plus d’une dizaine de fournisseurs». Une réponse que n’arrivent pas à croire nos sources, qui estiment plutôt que peu de firmes auraient levé la main pour ce contrat.

Mais Mme Fontaine mentionne que «ç’a été revu», que l’hypothèse que la firme Cossette soit avantagée a été «apportée et les gens de chez nous ont dit oui, on comprend», ajoute-t-elle.

«Il n’y a pas eu d’acte de mauvaise foi», assure-t-elle.


Pourquoi des relationnistes externes ?

Dans l’appel d’offres annulé, il était inscrit que le DGEQ recher­chait une firme en mesure de fournir des services-conseils «de haut calibre tant en relations de presse qu’en relations publiques lorsque le DGEQ est confronté à certaines problématiques».

Pourquoi le DGEQ se paierait-il des consultants privés en relations de presse alors qu’il dispose d’une équipe de communication et de relations médias à l’interne?
 
«C’est vraiment de façon ponctuelle que la firme est appelée», a expliqué la porte-parole Sonia Fontaine. Les services visent «la formation de nouveaux gestionnaires appelés à intervenir comme porte-parole», et la préparation de «dossiers stratégiques» pour des sorties publiques».
 
Cossette réagit
 
«Le DGEQ privilégie toujours ses agents de communication avant d’aller chercher une expertise externe», ajoute la porte-parole.
 
Du côté de la firme Cossette, la porte-parole nous a indiqué que l’entreprise n’avait pas statué si elle allait soumissionner pour l’appel d’offres, avant qu’il ait été annulé. «On suit le processus».
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