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Économie

Les banques, des géants aux pieds d’argile?

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Photo Archives / Reuters

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Les six grandes banques ont haussé leurs profits de 5% à presque 8 milliards $ lors de leur quatrième trimestre, mais ces apparences cacheraient une fragilité nouvelle.

En faisant le point sur leur situation, plusieurs des principales institutions financières canadiennes ont établi des records.

La Banque Nationale et la Banque Royale ont bien fait en gestion de patrimoine. De leur côté, la Banque de Montréal et la TD ont déclaré de bons résultats aux États-Unis. Quant à elle, la Banque Scotia se bombe le torse en raison de sa division internationale, en expansion.

Elles ont presque toutes gonflé leurs profits au Canada, leur chasse gardée. Seule la CIBC a fait état d'une légère diminution de ses gains.

Les investisseurs ont toutefois fait reculer les actions des banques. Le sous-indice financier de la Bourse de Toronto a perdu environ 3,5 % pendant la dernière semaine, diminuant plus vite que l'ensemble du marché (1,8 %).

Pourquoi ?

En écoutant parler les dirigeants des banques, on devine que des nuages gris sont à l'horizon, a affirmé Stephen Gauthier, stratège chez FIN-XO Valeurs mobilières. «Ils disent que la croissance n'est peut-être pas du côté du consommateur canadien. [...] Ils regardent la situation de près.»

C’est que des inquiétudes sérieuses pèsent sur l'économie canadienne avec le recul des prix des ressources naturelles. Sans compter l’endettement des consommateurs. Rien de cela ne passe inaperçu.

«Quand l'économie ralentit, les revenus ralentissent et les risques augmentent», a soutenu M. Gauthier. «On perçoit nos banques comme s'il n'y avait pas de risques, mais il y a un risque de bilan. Beaucoup de capital est utilisé pour être prêté et transiger sur les marchés.»

Sans prédire une crise à l'américaine ou à la japonaise, le stratège reprend l'avertissement de la Banque du Canada. Des risques pèsent sur le crédit à la consommation.

«Lorsque nous dépassons 150 % de taux d'endettement par rapport au revenu personnel disponible», a insisté Stephen Gauthier, «une crise survient à un moment donné. Au Canada, nous sommes dans les 160 %. Le seuil de 150 % a été dépassé depuis un bon moment. S'il se perd des emplois...»

Après d'énormes gains, le marché du travail commence en effet à ralentir. Vendredi, Statistique Canada révélait que le Québec, pour la première fois en six mois, a vu l’emploi progresser de 19 600 en novembre, toutefois, dans l’ensemble du pays, 46 000 emplois ont été perdus, dans ce même mois.

Un ralentissement économique pourrait faire augmenter les prêts non remboursés et fragiliser les banques. Et effrayer les investisseurs.

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