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La SAQ endommage 450 bouteilles de collection

Vin
Photo d'archives

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La SAQ pourrait avoir ruiné 450 bouteilles de vin rares et chères parce qu’elle les a mal entreposées. «Une catastrophe» qui se chiffrerait à des dizaines de milliers de dollars en perte, selon des experts.

«C’est très grave et ça représente beaucoup d’argent. On parle de bouteilles de collection. Je ne comprends pas ce qui a pu se passer», déplore le chroniqueur en vin et éditeur du magazine vinquebec.com, Marc André Gagnon.

En 2012, la Société des alcools du Québec a réalisé une belle prise en mettant la main sur 19 000 bouteilles luxueuses du collectionneur de vin privé Champlain Charest.

Dans le lot, on retrouvait plusieurs grands crus de la région de Bordeaux et de la Bourgogne, certains valant des centaines de dollars.

Employés suspendus

Or, à l’automne 2013, 450 bouteilles ont été retirées du marché, peu avant leur mise en vente.

Selon la SAQ, l’entrepôt où elles étaient conservées a subi des écarts de température. L’affaire a été prise au sérieux par la société d’État qui a même suspendu temporairement deux employés pendant son enquête sur les causes de cet accident.

«L’écart de température a été subi aux premiers jours de l’entreposage. À cet endroit, la température du système de réfrigération n’a pas été contrôlée correctement et était plus basse que souhaité», a indiqué la porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard.

Cet écart a causé de la condensation qui a «altéré la présentation des bouteilles», c’est-à-dire la capsule, l'étiquette, le bouchon ou même la bouteille en elle-même.

Silence de la SAQ

La SAQ a refusé d’être plus précise sur l’étendue des dommages et de fournir au Journal la liste complète des noms des bouteilles retirées ainsi que leur prix.

Par ailleurs, un an après leur retrait, les bouteilles n’ont toujours pas été analysées par la SAQ.

«Elles seront évaluées lorsque cela s’inscrira dans le calendrier commercial pour que l’analyse ait lieu le plus près possible du moment souhaité de leur vente», a expliqué Mme Bouchard.

«Si nous décidons de les commercialiser, ces ventes seront faites dans un magasin et non sur le web pour nous assurer que les clients voient l’état de la bouteille.»

Une « catastrophe »

Pour plusieurs chroniqueurs en vin, le retrait de ces 450 bouteilles n’est rien de moins qu’une «catastrophe».

«Il faudrait réellement un écart de température extraordinaire pour que le goût du vin soit affecté. Mais si l’étiquette est abîmée, ça peut faire perdre toute la valeur à la bouteille. Certains vins coûtent très cher. Pourquoi un consommateur dépenserait-il des centaines de dollars s’il ne sait même pas exactement ce qu’il a entre les mains?», souligne le chroniqueur de vin Claude Langlois.

Marc André Gagnon s’explique mal comment la SAQ a pu faire une «telle erreur».

«La SAQ est supposée être la spécialiste au Québec en matière de conservation et d’entreposage du vin. On parle ici de bouteilles qui valent des fortunes.»

Ce dernier blâme par ailleurs la société d’État pour son silence sur la valeur des bouteilles endommagées.

«Elle devrait être plus transparente. L’argent de la SAQ, c’est l’argent de tout le monde. Ce sont nous les contribuables qui payons pour cela.»

Jointe au téléphone, la conjointe de M. Champlain Charest, Monique Nadeau, a affirmé ne pas être au courant de cet accident.

«C’est sûr que les bouchons peuvent avoir travaillé s’il y a eu un écart de température important. Mais ça appartient à la SAQ maintenant. C’est à elle de vendre ça comme elle le veut.»

 

Avec la collaboration de Éric Yvan Lemay

 
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