/misc
Navigation

Vaincre les « dopés »

Coup d'oeil sur cet article

Encore une histoire de dopage qui sort sur le dos des athlètes russes!

Une enquête récente diffusée par une télévision allemande a révélé que 99 % des athlètes en Russie prennent des substances interdites. La présomption d’innocence est toujours valable, sauf que si on fait l’historique, on constate que ce phénomène est systémique et non seulement ponctuel.

Ce sont les Russes qui se font le plus souvent pincer. Beckie Scott avait terminé troisième à la poursuite de 10 km aux Jeux olympiques de Salt Lake City. Quelques mois plus tard, on a finalement appris qu’elle héritait plutôt de la médaille d’or parce que les deux Russes qui avaient fini devant elle s’étaient fait prendre pour dopage.

Aux Jeux en 2006, Evgueni Dementiev a été champion olympique sur 30 km et a terminé deuxième au 50 km. Il s’est fait piéger pour dopage par la suite.

Anton Gafarov, qui est encore considéré comme l’un des meilleurs sprinteurs de la Coupe du monde, était l’un des plus forts à mon époque chez les juniors. Soudainement, il est disparu de la carte. On a appris pourquoi: en 2009, il s’était fait injecter une substance quelconque et a été victime d’un empoisonnement chimique. Son corps a mal réagi, tellement qu’il est passé près de la mort!

Loin des regards

Notre coéquipier Ivan Babikov, un Russe d’origine, nous raconte souvent comment fonctionne le système dans son ancien pays. Quand tu entres dans la chambre d’hôtel du médecin de l’équipe et que tu vois des athlètes se faire injecter quelque chose dans le bras. Le médecin leur dit qu’il s’agit de la vitamine B12...

Le sujet est connu. Les camps d’entraînement en Russie ont lieu dans des endroits tellement éloignés qu’ils sont certains que les officiers de l’escouade antidopage ne se rendront jamais là.

Le risque pour une vie meilleure

C’est tabou et on n’en parle pas beaucoup en début de saison entre amis. Par contre, à la fin de la saison, on se regarde tous en disant: lui, à cette course-là, ça n’avait pas d’allure.

Je ne les défends pas, mais on peut comprendre jusqu’où le système en Russie peut amener ses athlètes à se rendre. Pour ceux qui connaissent une grande carrière, leur vie est réglée pour l’avenir. Ils se font donner un condo à Moscou, reçoivent beaucoup d’argent s’ils gagnent une médaille aux Jeux olympiques, obtiennent une voiture ou ont un travail assuré pour la vie dans la machine gouvernementale ou dans la fédération de ski.

Il y a aussi beaucoup de bourses pour les performances en Coupe du monde. Tant qu’il y a de l’argent en jeu, ça devient un incitatif assez fort.

Ça peut choquer, mais, heureusement, grâce à la technique, la stratégie et le fartage, il est possible de vaincre les tricheurs!

— Propos recueillis par Alain Bergeron