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Victoire historique des infirmières

Les heures supplémentaires obligatoires étaient en litige

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Photo Agence QMI / Archives

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Le syndicat des infirmières de l’ancien CHUQ de Québec a remporté une victoire historique qui risque de faire boule de neige, en obtenant gain de cause à la suite de centaines de griefs déposés pour des heures supplémentaires obligatoires effectuées par le personnel infirmier.

En 2010 et 2011, le syndicat a déposé pas moins de 466 griefs portant sur ce point précis. La première audition devant la Commission des relations de travail s’est tenue en avril 2012 concernant un seul de ces griefs.

La décision de l’arbitre est tombée à la mi-octobre. Celle-ci pourrait avoir des répercussions à l’échelle provinciale.

«L’arbitre est venu reconnaître que l’employeur utilisait de façon abusive et déraisonnable son droit de gestion en se servant des heures supplémentaires obligatoires pour combler les absences de façon systématique», rapporte la présidente du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec (SICHU), Guylaine Boulanger.

À partir de 2008, l’ex-CHUQ (Saint-François-d’Assise, Hôtel-Dieu de Québec et CHUL) a connu une crise majeure des heures supplémentaires obligatoires, qui s’est accentuée jusqu’en 2011.

Cri du cœur

«C’était rendu énorme. On vivait avec un sentiment de terreur de rester prisonnière de son centre hospitalier pour des 16 heures d’affilée. Il y avait beaucoup de détresse chez les infirmières, qui cherchaient à se sortir de cela. Ces 466 griefs étaient vraiment un cri du cœur à l’employeur», exprime Mme Boulanger.

Le syndicat vient d’entreprendre des pourparlers avec la direction du CHU de Québec, afin de régler l’ensemble des griefs déposés. Il réclamait notamment que la pratique cesse. Une demande d’indemnisation pour les préjudices subis est aussi sur la table.

Bataille de longue haleine

Selon les résultats de ces discussions, les sommes en jeu pourraient être significatives pour le CHU. «Il y a toujours des heures supplémentaires obligatoires, bien qu’elles aient diminué. Trop souvent, les employeurs se cachent derrière le code de déontologie pour obliger les infirmières à rester en poste au-delà de leur horaire de travail», opine Mme Boulanger.

Le CHU de Québec se limite à dire qu’il a pris acte de la sentence rendue par l’arbitre.