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Labeaume joue au médiateur

Il faut garder le dialogue ouvert entre l’UMQ et le ministre, plaide le maire

Quebec
Photo Stevens LeBlanc M. Labeaume s’est défendu de faire bande à part avec son homologue de Montréal au sein de l’UMQ.

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Régis Labeaume se pose en médiateur dans le bras de fer sur la hausse de taxes municipales qui oppose de nombreux maires au ministre Pierre Moreau.

En conférence de presse jeudi, la présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy, et plusieurs autres maires se sont dits «outrés» et «scandalisés» de la sortie du ministre qui a menacé de couper les vivres aux villes qui ont haussé leurs taxes en raison des compressions imposées dans le pacte fiscal.

«L’ingérence du ministre dans le monde municipal est sans précédent, a déclaré Suzanne Roy, présidente de l’UMQ. La démocratie municipale a été gravement bafouée.»

Le ministre Moreau a piqué au vif les villes en insinuant que les maires de Laval et de Longueuil prenaient leurs contribuables pour des crétins en mettant la hausse des taxes foncières sur le dos des compressions de 300 millions $ imposées aux municipalités.

Les maires de Québec et Montréal étaient absents de la conférence de presse de l’UMQ, mais ils multiplient les téléphones depuis la sortie du ministre. «On travaille pour rattacher le monde et préserver l’avenir, a affirmé M. Labeaume. On a dit: “Dites ce que vous avez à dire, mais après ça, il faut qu’on travaille tous ensemble”.»

M. Labeaume avait assuré le mois dernier que les compressions de 20 millions $ imposées à sa ville ne seraient pas refilées aux contribuables. Lui et Denis Coderre avaient d’ailleurs donné leur appui au gouvernement lors de l’annonce. «À Québec et à Montréal, on a fait le choix d’assumer et de couper pour moins taxer», a expliqué M. Labeaume.

Il comprend la colère de certains de ses collègues, mais croit que le dialogue doit être maintenu entre l’UMQ et le ministre «qui font chacun une bonne job».

M. Labeaume s’est défendu de faire bande à part avec son homologue de Montréal au sein de l’UMQ. «On ne peut pas rien faire contre les gens qui chiquent la guenille et qui ont décidé qu’on était la raison de leur malheur», a-t-il laissé tomber.

Le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, a accusé le ministre d’avoir refilé une facture aux contribuables en laissant croire faussement que ceux-ci n’en feraient pas les frais.

Le ministre Moreau s’est pour sa part défendu de faire de l’intimidation. «L’effort qui est demandé peut être fait soit par une compression de dépenses, soit par l’utilisation des surplus», a-t-il plaidé.

— Avec la collaboration de Marc-André Gagnon et de l’Agence QMI