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Les centres d’éducation populaire sont menacés de disparition

Sylvain Lapierre, bénévole au Pavillon d'éducations communautair
Photo Isabelle Maher Grâce aux centres d’éducation populaire, Sylvain Lapierre, qui est atteint de schizophrénie, a rebâti sa confiance en lui et sa vie. Les centres aident 7000 familles à Montréal, selon la directrice du Pavillon communautaire d’Hochelaga-Maisonneuve.

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On y apprend à lire, écrire, à cuisiner, à coudre, à parler une langue seconde. Les centres d’éducation populaire changent la vie de milliers de gens depuis 40 ans. Malgré les promesses, leur existence demeure menacée.

On y apprend à lire, écrire, à cuisiner, à coudre, à parler une langue seconde. Les centres d’éducation populaire changent la vie de milliers de gens depuis 40 ans. Malgré les promesses, leur existence demeure menacée.

Sylvain Lapierre fréquente un centre d’éducation populaire d’Hochelaga-Maisonneuve depuis 12 ans.

«J’étais bon en dessin, j’ai pris un cours d’art, puis je suis devenu bénévole. Je m’occupe des décors et de la soirée dansante le samedi soir», raconte fièrement l’homme de 48 ans atteint de schizophrénie qui vit de l’aide sociale.

«Avant, j’étais renfermé, gêné, je manquais de confiance en moi. Quand j’ai vu mes capacités, je suis allé chercher mon permis de conduire. J’ai dépassé ma maladie», résume-t-il.

Des histoires comme celle de Sylvain, il y en a des milliers depuis l’existence des centres d’éducation populaire (CÉP), l’un des piliers de l’éducation, affirme Paul Bélanger, professeur en sciences de l'éducation à l'UQAM.

Briser l’isolement

«Ça a l’air banal, un cours de langue ou de cuisine, mais si ça redonne le goût de voir des gens, de retourner à l’école, c’est beaucoup. Ça brise l’isolement. En termes de santé mentale et d’estime de soi, c’est majeur», explique le coauteur d’un rapport sur l’importance des CÉP.

Dès mai 2015, la CSDM cessera de prêter gratuitement ses locaux, faute d’argent. Les bâtiments vétustes auraient également besoin d’être restaurés, ce qui coûterait entre 10 et 12 millions $. De plus, les CÉP ne pourront plus compter sur une subvention de 50 000$.

«Tout le monde nous aime et personne ne veut que l’on disparaisse. Ça fait quatre ans que les gouvernements nous disent que ça va se régler. Nos gens sont nerveux, on aide 7000 familles à Montréal», rappelle Louise Montgrain, directrice du Pavillon communautaire d’Hochelaga-Maisonneuve.

«C’est une mission importante», a indiqué Yasmine Abdelfadel, l’attachée de presse du ministre de l’Éducation Yves Bolduc qui a réaffirmé son intention d’intervenir.

«Il est crucial d’aider le plus tôt possible, on sait que la situation est critique», a ajouté Mme Abdelfadel, en précisant que le ministre a proposé que la CSDM s’engage pour un bail de trois ans.

«C’est bien, mais c’est des promesses verbales, rien de concret. On est inquiets», confie Louise Montgrain.

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