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Penser petit

Penser petit

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Couper l’aide aux Débrouillards, c'est couper dans l'éducation. Ni plus, ni moins. 

On ne parle pas ici d’une méga entreprise de presse qui publie des journaux à potins mais d’une TTE (tititte entreprise) tenue à bout de bras par un passionné de la jeunesse et de la science, Félix Maltais, qui édite depuis 30 ans des petits bijoux de contenu intelligent avec des moyens microscopiques. 

Sans compter les activités dans les écoles, les centres de loisirs, partout où se trouvent des jeunes qu’on pourrait convertir à la science. Tous les organismes touchés par les coupures, pas seulement Les débrouillards, sont depuis des décennies, des incubateurs de carrières scientifiques.

Un geste incompréhensible puisque l’argent ira ailleurs. À faire du «maillage avec l'enterprise». Donc, cette annonce n’a rien à voir avec l’atteinte du déficit zéro. 

Le retrait de subventions aux magazines scientifiques pour les jeunes Les débrouillards, Les explorateurs et Curium, à l’Agence Science-Presse et même à la vénérable Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS) sont tellement stupides que mon premier réflexe a été d’y voir un coup fourré de la part de hauts fonctionnaires pour mettre le gouvernement dans l’embarras.

En fait, tant le ministre Jacques Daoust n’expliquera pas lui-même cette décision, un doute subsistera dans mon esprit. Détourner des miettes vouées à la vulgarisation scientifique auprès des jeunes, pour soutenir la culture d’innovation en entreprise, c’est trop gros, trop débile.

Tout ce carnage pour n’ajouter qu’un maigre million à la ribambelle de programmes de soutien aux entreprises qui existent déjà ? Cela mérite une explication.

Un million de dollars dont personne ne verra les résultats alors que Les Débrouillards, Science-Presse et l’ACFAS, c’est du concret, avec de vrais emplois, de vraies réalisations. Et voilà qu’on veut transformer des investissements sûrs, aux effets tangibles, en capital de risque.

«S’ils n’arrivent pas à survivre sans argent public, c’est parce que les gens n’en veulent pas tant que cela. Qu’ils ferment.» entend-on à droite de la droite. Ce n’est pas comprendre la dynamique d’un petit marché comme le Québec. Ou même le rôle de l’État dans une perspective conservatrice.

Il y a des choses qui «méritent» d’être soutenues et encouragées par la collectivité parce qu’elles véhiculent du haut savoir, de la haute culture sur lesquelles reposent ce qu’il y a de plus noble et de plus enrichissant dans la société.

Me semble qu’il y a autres choses à couper avant d’en arriver aux Débrouillards, non ? 

Surtout au moment où le premier ministre défend l'indéfendable, soit les 278 000 $ «investis» dans le nouveau bureau du ministre délégué aux Transports, Jean d'Amour.